"Schtroumpf grogon", "Duckenchon", "Marion Cotillon" : deux artistes proposent de drôles d'affiches de campagne

Jaeraymie et Combo ont décidé de parodier les affiches présidentielles pour rendre cette "campagne plus drôle et plus citoyenne".

Le street artist Jaeraymie colle ses affiches parodiques à Paris, en avril 2017.
Le street artist Jaeraymie colle ses affiches parodiques à Paris, en avril 2017. (CLAUDE DEGOUTTE / JAERAYMIE / COMBO)

Vous avez peut-être aperçu ces affiches : "Votez Juste Le Blanc", "La France festive avec Marion Cotillon" ou encore "En nage" avec la petite sirène. Depuis le début du mois d'avril, deux street artists recouvrent les rues parisiennes avec des affiches électorales détournées. "C'est l'occasion de se réapproprier l'espace de la rue, qui est inondé par les militants depuis des semaines", explique Jaeraymie à franceinfo.

Nous choisissons de remettre un peu de citoyen dans cette campagne.Jaeraymieà franceinfo

Pour ce faire, Jaeraymie et Combo ont "repris les codes graphiques des affiches politiques : personnage en gros plan, slogan, typographie, etc". Chez Combo, la petite sirène "en nage" rappelle ainsi Emmanuel Macron, "Duckenchon" évoque Jean-Luc Mélenchon, Schtroumpf Grogon représente Benoît Hamon, Pinocchio, dont "Jiminy Cricket n'a jamais été assistant parlementaire", est un clin d'œil à François Fillon, ou encore Peggy avec sa perruque blonde apparaît au-dessus du logo de Marine Le Pen. 

Le street-artist Jaeraymie a parodié les affiches de la campagne présidentielle avec, ici, une candidature de \"Marion Cotillon\" collée à Paris en avril 2017.
Le street-artist Jaeraymie a parodié les affiches de la campagne présidentielle avec, ici, une candidature de "Marion Cotillon" collée à Paris en avril 2017. (CLAUDE DEGOUTTE / JAERAYMIE / COMBO)

"J'ai demandé aux internautes de donner des idées de personnages et de slogan, et de voter pour les meilleurs. J'ai repris les idées qui avaient le plus de vote et j'en ai fait ces affiches", explique Combo à franceinfo.

Jaeraymie a, lui, choisi de mettre en avant des comédiens. "Francis Huster, qui a joué Juste Le Blanc dans Le Dîner de cons, devient l'incarnation du vote blanc, qui n'est pas compté dans l'élection, décrit Jaeraymie. Marion Cotillard est devenu Marion Cotillon et avec sa France festive, elle répond à 'la France apaisée' de Marine Le Pen', parce que je ne pense pas que le pays ait besoin d'apaisement, mais plutôt de vivre heureux ensemble en faisant la fête." Jaeraymie a également illustré John Goodman, candidat "des gens gentils"

Le street-artist Combo a parodié les affiches de la campagne présidentielle avec, ici, les candidatures du Schtroumpf Grognon et de Picsou, collées à Paris en avril 2017.
Le street-artist Combo a parodié les affiches de la campagne présidentielle avec, ici, les candidatures du Schtroumpf Grognon et de Picsou, collées à Paris en avril 2017. (CLAUDE DEGOUTTE / JAERAYMIE / COMBO)

Face à la course à l'élection présidentielle, les deux artistes ont donc voulu faire une "campagne alternative", défend Jaeraymie. "Une campagne pareille, je n'avais jamais vu ça. Avec tous ces retournements, on ne parle pas de fond, on n'évoque pas les vrais sujets. Et quand les candidats participent aux débats, c'est impossible à regarder tellement on compte de phrases toutes faites", critique-t-il. 

Même constat chez Combo : "Depuis des mois, on entend les politiques et les experts parler toute la journée. Ça devient lourdingue ! Il faut que les citoyens s'expriment." 

"J'ai eu envie de faire marrer les gens"

Le but est donc affirmé : changer d'air au milieu de cette campagne présidentielle chargée en rebondissements. "J'ai eu envie de faire marrer les gens, de faire respirer tout ça avec une campagne plus drôle et plus citoyenne", indique Jaeraymie. L'artiste âgé de 30 ans ne veut pas porter d'attaque précise contre un candidat, mais plutôt "dédramatiser la campagne"

Le rire apporte aussi de la compréhension. Il montre parfois le ridicule de la situation.Comboà franceinfo

Derrière ce message, Jaeraymie en cache un autre, cette fois-ci adressé aux militants. "Ils ont fait n'importe quoi depuis des semaines, ils ont collé leurs affiches partout, parfois même sur du street art, dénonce-t-il. Aujourd'hui, on a décidé de coller sur les panneaux d'affichages officiels qui leur sont réservés, pour leur rendre la monnaie de leur pièce."

Des retours positifs

Jusqu'à présent, les retours sont positifs. "On colle en journée et les passants s'arrêtent, rient, nous posent des questions", raconte Combo. Sur les réseaux sociaux, les affiches tournent déjà. "Après des mois d'hésitation, j'ai trouvé mon candidat", commente un internaute. "Votez Cotillon !", invite un autre.