Nouvelle-Calédonie : 30 ans après le drame, les cicatrices d'Ouvéa

Demain, dimanche 22 avril, cela fera 30 ans qu'avait débuté la prise d'otages sanglante d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie. Elle avait duré jusqu'au 5 mai, jour où Emmanuel Macron se rendra sur place.

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FRANCE 2

Au milieu d'une végétation épaisse, la tribu de Gossanah, un fief indépendantiste. C'est ici que s'est noué le drame d'Ouvéa, il y a tout juste 30 ans. Si l'armée intervient à Ouvéa, c'est pour libérer des otages. Le 22 avril 1988, des indépendantistes attaquent la gendarmerie de l'île. Quatre militaires sont tués, 27 autres gendarmes enlevés. Certains sont cachés dans une grotte à proximité de la tribu de Gossanah. Commencent alors 15 jours de captivité interminable ; toute la France a les yeux rivés sur Ouvéa. Les ravisseurs veulent l'indépendance immédiate, mais les négociations s'enlisent. Un assaut militaire est finalement lancé. C'est un bain de sang : deux militaires et 19 Kanaks sont tués. D'après les autopsies, certains ont été exécutés d'une balle dans la tête. La justice ouvrira même une enquête, mais elle sera suspendue rapidement par une loi d'amnistie.

Les locaux divisés sur la venue d'Emmanuel Macron

Dans cette tribu si attachée aux traditions, on entretient avec ferveur le souvenir de la tragédie d'Ouvéa. Plusieurs ravisseurs kanaks tués dans la grotte étaient originaires de Gossanah. Ils étaient les oncles, les cousins, parfois même les pères de ces jeunes. À leur tour, aujourd'hui, ils militent pour l'indépendance. Trente ans plus tard, dans la petite tribu, l'annonce de la venue d'Emmanuel Macron à Ouvéa est vécue comme une provocation. Sur cette grande île, les autres tribus ont été moins directement touchées par ces événements et l'intervention de l'armée. Ici, la venue du président est mieux perçue. En plein week-end, les équipes municipales refont une beauté au mémorial de la tragédie d'Ouvéa, devant lequel Emmanuel Macron devrait s'incliner. C'est ici que sont enterrés les militants kanaks tués dans la grotte. 

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Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dépose une gerbe de fleurs, le 27 juilet 2013, sur le monument à la mémoire des 19 militants kanaks tués lors de l\'assaut de la grotte d\'Ouvéa, 25 ans plus tôt en Nouvelle-Camédonie.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dépose une gerbe de fleurs, le 27 juilet 2013, sur le monument à la mémoire des 19 militants kanaks tués lors de l'assaut de la grotte d'Ouvéa, 25 ans plus tôt en Nouvelle-Camédonie. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)