« L’Etat dépense encore plus que sous Hollande sans faire d'économies structurelles », déplore un sénateur LR

Lors des questions au gouvernement au Sénat, ce mardi, les sénateurs ont interpellé le gouvernement sur la soutenabilité budgétaire des mesures annoncées par le Président jeudi dernier. Ils craignent un « dérapage des déficits publics ».

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 « Vous avez fait le choix de creuser le déficit », a déploré ce mardi le sénateur LR, Guillaume Chevrollier, lors des questions au gouvernement du Sénat.

Jeudi dernier, le Président de la République a annoncé une baisse de l’impôt sur le revenu pour 15 millions de foyers fiscaux. Une mesure qui devrait coûter 5 milliards d’euros, auxquels viennent s’ajouter les 10 milliards d’euros consentis fin 2018 pour répondre à la colère des Gilets jaunes.

Ajoutés aux autres gestes d’apaisement de l’exécutif, comme la réindexation des petites retraites de moins de 2000 euros ou encore les pensions de retraite minimum à 1000 euros, cela devrait coûter au total 17 milliards d’euros à l’Etat selon Bercy, « 20 milliards » d’après le Sénat qui table plutôt sur un coût de 10 milliards d’euros pour les nouvelles mesures annoncées par Emmanuel Macron, plutôt que les 7 milliards évoqués par le gouvernement.

« C’est la dette qui paie, et donc de l’impôt pour nos enfants »

« L’Etat dépense encore plus que sous Hollande sans faire d'économies structurelles », s’indigne le sénateur. Selon lui, « c’est la dette qui paie, et donc de l’impôt pour nos enfants ». Des accusations que réfute Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, en insistant sur un déficit public en deçà des 3% depuis deux ans (« une première depuis 2006 » souligne le ministre), la diminution de la dépense de l’Etat à hauteur de 0,3%, en volume, l’année dernière (« une première dans l’histoire contemporaine ») et la diminution des prélèvements obligatoires depuis le début du quinquennat. Olivier Dussopt tient ainsi sa démonstration de la capacité de l’exécutif à tenir ses engagements. Une conclusion qui va toutefois à l’encontre de celle du rapporteur général de la commission des finances, Albéric de Montgolfier, pour qui la trajectoire budgétaire du gouvernement « s’écarte significativement des règles budgétaires européennes », d’autant plus en tenant compte des derniers arbitrages rendus par l’exécutif.

De son côté, le sénateur socialiste Rachid Temal s’est inquiété de l’absence du mot « salaire » dans les annonces du Président. Ce à quoi s’est empressée de répondre la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, en rappelant, entre autres, l’augmentation de 100 euros de la prime d’activité ou encore l’intervention des en cas de pensions alimentaires impayées. Pas de qui contenter le sénateur, également inquiet pour le pouvoir d’achat des retraités : « Il faudra travailler plus pour avoir une retraite à taux plein » craint-il. Et ce, malgré le maintien à 62 ans de l’âge de départ à la retraite. Quant à la réindexation des retraites de moins de 2000 euros, Rachid Temal regrette que cette mesure ne concerne pas tous les retraités. Soutenabilité budgétaire, insuffisance des mesures en faveur du pouvoir d’achat des Français : à gauche comme à droite, l’exécutif est loin d’avoir convaincu sur les bancs de l’hémicycle.

(Public Sénat)