Inflation, retraites, 49.3... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron dans "L'Evénement", sur France 2

Le chef de l'Etat, qui avait déjà abordé les questions de politique internationale lors d'un premier entretien il y a deux semaines, a évoqué mercredi soir les sujets de politique intérieure pendant plus d'une heure.

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Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, lors de son entretien avec Caroline Roux dans le cadre de l'émission politique de France 2 "L'Evénement", le 26 octobre 2022. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Il était attendu. De la flambée des prix à la réforme des retraites en passant par la crise de l'hôpital, Emmanuel Macron a répondu pendant plus d'une heure aux questions de la journaliste Caroline Roux lors de la nouvelle émission politique de France 2, "L'Evénement", mercredi 26 octobre. On vous résume ses principales déclarations.

>> Flambée des prix, crise énergétique, défi climatique... Revivez l'interview d'Emmanuel Macron, invité de l'émission politique "L'Evénement" sur France 2

L'inflation "est en train de se diffuser"

A propos de l'inflation, qui a augmenté de 5,6% sur un an en septembre en France, le chef de l'Etat explique qu'elle "est en train de se diffuser, mais nous l'avons mieux maîtrisée que nombre de nos voisins." Pour Emmanuel Macron, "on traverse aujourd'hui une inflation qui est la conséquence de notre dépendance".

Interrogé sur les salaires, le président de la République a balayé l'hypothèse d'une réindéxation sur l'inflation. "Si on veut créer des emplois pour que les Français qui travaillent vivent dignement, la solution n'est pas de réindexer les salaires sur l'inflation", a-t-il assuré. "Les augmentations de salaires, ce n'est pas l'Etat qui les décide", a-t-il ajouté. Le chef de l'Etat assure préfèrer l'utilisation des primes mais juge "légitime" le débat sur les hausses des salaires.

Les petites entreprises bénéficieront "de la même aide que les ménages"

Face à l'inflation et à la crise énergétique, le chef de l'Etat a annoncé la mise en place et la poursuite de plusieurs aides. "Là où il aurait dû y avoir 100% de hausse, sur l'électricité et le gaz, ce sera 15%, a-t-il souligné. C'est dur, mais on doit tenir. L'Etat va prendre sa part et continuera à le faire en 2023."

Le chef de l'Etat a également annoncé que certaines entreprises bénéficieront des mêmes aides que les ménages. "On va aider [les entreprises]. Les TPE vont avoir la même aide que les ménages : une hausse que de 15% de l'électricité et du gaz. Pour les PME, comme les boulangers, nous allons mettre en place un mécanisme pour amortir les augmentations."

Emmanuel Macron a également annoncé une aide ciblée sur les "gros rouleurs", qui "va permettre d'accompagner celles et ceux qui [en] ont besoin, en particulier pour travailler."

Il dénonce "le cynisme" et "le désordre" des oppositions sur la motion de censure

"Le gouvernement a eu raison de faire voter ce budget y compris face à toutes les oppositions, qui étaient parfois dans la démagogie. Il a évité plusieurs milliards de dépenses à perte peu utiles", a déclaré le président de la République à propos du projet de loi finances 2023 adopté en première lecture grâce au 49.3, sans vote à l'Assemblée nationale.

Alors qu'Elisabeth Borne a également engagé la responsabilité de son gouvernement devant l'Assemblée nationale sur une partie du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), Emmanuel Macron a fustigé "le cynisme" et "le désordre" des oppositions, accusant la gauche de s'être mise "main dans la main avec le Rassemblement national" au moyen d'une motion de censure "qui, à dessein, a été changée par cette coalition baroque de la Nupes".

Emmanuel Macron a également souhaité "une alliance" avec les députés LR et ceux du groupe centriste Liot (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) pour l'adoption de textes à l'Assemblée. Le chef de l'Etat estime que ces parlementaires ont "envoyé un message clair" en ne votant pas les motions de censure déposées sur le budget ou le financement de la Sécurité sociale.

Il s'est dit "ouvert" à un report de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans

Le chef de l'Etat s'est déclaré "ouvert" à un report de l'âge légal du départ à la retraite à 64 ans, et non 65 ans, comme il s'y était engagé lors de la campagne présidentielle, en cas d'allongement de la durée de cotisation.

"Si certains [partenaires sociaux] sont prêts à s'engager et à dire : 'Nous, on ne veut pas aller jusqu'à 65 ans mais, en contrepartie, si vous faites ce geste, on est prêts à travailler un peu plus de trimestres – parce qu'il y a d'autres façons de faire, ce n'est pas que l'âge légal, c'est travailler un peu plus de trimestres –, moi je suis ouvert", a-t-il affirmé.

"A partir de l'été 2023, on devra décaler l'âge légal de départ de quatre mois par an. On passera à horizon 2031 à 65 ans (...) Si on veut réussir, on a pas d'autre choix que de travailler davantage", a par ailleurs précisé Emmanuel Macron. Alors qu'il avait promis, lors de sa première campagne présidentielle, de ne pas reculer l'âge de départ légal à la retraite, le chef de l'Etat est revenu sur ses propos : "Je veux bien qu'on ressorte les déclarations de mars 2017 mais ce n'était pas le même monde. Je pouvais défendre une réforme [des retraites] systémique."

Le chef de l'Etat souhaite "réconcilier le climat, l'industrie et la souveraineté énergétique"

"On doit réconcilier le climat, l'industrie et la souveraineté énergétique. On doit réserver les aides aux producteurs européens", a expliqué Emmanuel Macron sur le volet climatique, alors qu'il était interrogé sur les voitures électriques et la production de batteries. Il a de nouveau confirmé que la France "produira deux millions de batteries électriques" à la fin de son quinquennat en 2027.

"On n'a pas de pétrole, mais on a du lithium", a ainsi rappelé le chef de l'Etat, alors que la première mine de lithium va être exploitée en France, dans l'Allier, d'ici 2027. Elle doit permettre de produire assez de batteries pour équiper 700 000 voitures électriques par an d'ici 2028. 

Le président de la République souhaite par ailleurs "réduire les émissions" des véhicules polluants pour protéger la "santé" des Français. "On doit réserver les aides aux véhicules faits en Europe, comme [le font] les Américains", a-t-il par ailleurs précisé.

Les médecins à la retraite vont pouvoir continuer de travailler

"On a 25% de nos médecins généralistes qui ont plus de 60 ans. Tous les médecins qui arrivent à la retraite, on va leur permettre de prendre leur retraite, mais au premier jour de leur retraite, ils pourront continuer à exercer leur activité en touchant l'intégralité de leurs revenus sans cotisations retraites", a annoncé le chef de l'Etat.

Emmanuel Macron a fait ce constat car "nous n'avons pas assez de médecins" en France. "Je veux aussi qu'on réforme l'organisation de nos hôpitaux. Que les soignants retrouvent le pouvoir à l'échelle du service."

Il veut "réformer en profondeur" les lois sur l'OQTF

"Nous devons réformer en profondeur nos lois pour pouvoir mieux accueillir ceux qu'on veut accueillir et pouvoir plus vite raccompagner dans leur pays" les autres, a expliqué Emmanuel Macron à propos des obligations de quitter le territoire français (OQTF), de retour dans l'actualité depuis le meurtre de Lola. "On va durcir les choses avec les pays d'origine pour aller vers un taux [de reconduite à la frontière] de 100% pour ceux qui sont les plus dangereux", a-t-il annoncé.

"Je ne ferai jamais un lien existentiel entre l'immigration et l'insécurité", a assuré le chef de l'Etat. "Aujourd'hui, quand on regarde la délinquance, par exemple à Paris, où on a une forte concentration (...) de cette immigration illégale, oui, elle est très présente dans les faits de délinquance", a ensuite nuancé le président de la République.

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