Impôts, immigration, écologie : ce que contient la synthèse des contributions en ligne au grand débat

Plus de deux millions de contributions ont été postées sur le site internet du grand débat national. Le sondeur Opinion Way les a traitées pour en livrer un compte-rendu chiffré que s'est procuré franceinfo.

Après deux mois de consultations, l\'heure de la restitution du grand débat national a sonné.
Après deux mois de consultations, l'heure de la restitution du grand débat national a sonné. (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

Après deux mois de consultations, l'heure de la restitution du grand débat national a sonné. Lundi 8 avril, sous la verrière du Grand Palais à Paris, Edouard Philippe présente le compte-rendu des contributions. franceinfo a eu accès à celles qui ont été synthétisées par l'institut de sondage OpinionWay, chargé de traiter les questions fermées, c'est-à-dire celles auxquelles on ne peut répondre que par "oui" ou par "non". OpinionWay a épluché près de deux millions de contributions en ligne sur le site internet du grand débat national.

Une baisse des impôts et des mesures sur l'immigration

Pour une fiscalité plus juste et efficace, plusieurs pistes sont citées : que tout le monde paye l'impôt sur le revenu (34,7%), que la fiscalité soit réformée et simplifiée (28,2%), que les plus riches contribuent davantage (27,8%), que les niches fiscales soient supprimées (11,8%) et que l'ISF soit rétabli (10,3%). Parmi les répondants, 12,9% proposent de réduire la TVA sur les produits de première nécessité.

58% des répondants ne sont pas prêts à payer un impôt qui encourage des comportements bénéfiques à la collectivité, comme la fiscalité écologique ou la fiscalité sur le tabac et l'alcool.

Sur l'immigration, 9,4% des répondants réclament un durcissement des conditions d'accueil, avec des quotas (9,3%). 5,5% préconisent la suppression du regroupement familial et du droit du sol, en ayant une politique européenne commune.

Les propositions qui s'opposent à l'immigration sont au total plus nombreuses que la volonté d'améliorer les conditions d'accueil (10%). L'éducation et l'apprentissage du français est considérée comme le levier d'intégration le plus efficace et le plus juste (20%).

Moins de parlementaires, des référendums au niveau local

Concernant la démocratie, autre grand thème abordé par Emmanuel Macron dans son questionnaire, 69% des participants à la contribution sur internet demandent la prise en compte du vote blanc aux élections. Et 57% souhaitent que le vote devienne obligatoire. Les référendums au niveau local sont réclamés à 80%. Et 42% souhaitent faciliter le recours au référendum d'initiative partagée (RIP), notamment en abaissant le seuil de déclenchement (14,4%) et en y associant un référendum d'initiative citoyenne (5,8%). 

Les contributeurs veulent très majoritairement (86%) une réduction du nombre de parlementaires et l'introduction du scrutin à la proportionnelle (42,2%) pour une meilleure représentation des différentes sensibilités politiques aux élections, législatives en particulier.

Le non-cumul des mandats est considéré comme une bonne chose (64%) et une majorité (53%) des répondants souhaite une transformation des assemblées. 86% des répondants estiment qu'il y a trop d'échelons administratifs. Leur attachement va d'abord à la commune (68%), devant la région (38%) et le département (35%).

Réduire les dépenses publiques

Les participants veulent des services publics plus proches de chez eux et plus humains quand ils rencontrent des difficultés : 52% souhaitent pouvoir être pris en charge par un agent s'ils rencontraient des difficultés pour leurs démarches via internet. 49% d'entre eux affirment avoir déjà renoncé à une allocation parce que les démarches administratives sont trop compliquées.

Pour financer les dépenses sociales, 52% des participants estiment qu'il faut instaurer des contreparties aux différentes allocations de solidarité, augmenter le temps de travail (24%) et reculer l'âge de départ à la retraite (22%). Pour réduire le déficit, il faudrait réduire la dépense publique, estiment 75% des répondants, et notamment les dépenses de l'Etat (56%).

Financer la transition écologique par le budget de l'Etat et la fiscalité

Enfin, du côté de l'écologie : 62% des contributeurs reconnaissent que le changement climatique a un impact sur leur vie quotidienne, avec les canicules, les tempêtes et les sécheresses. Et 86% pensent pouvoir contribuer à protéger l'environnement. 32% disent ne pas pouvoir se passer de leur voiture individuelle, faute de solution de mobilité alternative, contre 37% qui déclarent avoir cette possibilité.

55% des répondants estiment que les taxes sur le diesel et l'essence ne permettront pas de modifier les comportements. Pour financer la transition écologique, les participants estiment à 59% qu'elle doit être financée par le budget général de l'Etat et la fiscalité écologique. Et ce financement doit être réparti (69%) entre les entreprises, les administrations et les particuliers

Les répondants n'opposent pas l'écologie au pouvoir d'achat. 77% estiment que leurs actions en faveur de l'environnement peuvent leur faire faire des économies.  

Ces résultats sont issus des réponses au questionnaire élaboré par la mission interministérielle en charge du grand débat national et des contributions via internet. Pour ces questions fermées, un algorithme a comptabilisé les occurrences de chaque réponse et calculé un pourcentage.

Pour les questions ouvertes, un algorithme a repéré les mots-clés et grands thèmes, triés et classés en différentes catégories et sous-catégories puis une "intervention humaine" a contrôlé la cohérence des résultats.