Emmanuel Macron a rassuré les convaincus, satisfaits de son "engagement"

Lors d'un entretien télévisé dimanche, le chef de l'Etat a résumé ses cinq premiers mois de présidence. Une prestation très attendue par les militants, satisfaits de son "engagement" dans la lutte contre le chômage.

Lors d\'un entretien sur TFI le 15 octobre, Emmanuel Macron a assumé son style et défendu ses réformes en martelant \"faire ce qu\'il a dit\".
Lors d'un entretien sur TFI le 15 octobre, Emmanuel Macron a assumé son style et défendu ses réformes en martelant "faire ce qu'il a dit". (PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP)

Une quinzaine de militants La République en marche (LREM) se sont réunis, dimanche 15 octobre, à Sèvres (Hauts-de-Seine) dans le salon d'une "marcheuse" pour commenter la première grande interview télévisée d'Emmanuel Macron depuis l'élection présidentielle. 

Emmanuel Macron a rassuré les convaincus de la présidentielle, inquiets de son silence - un reportage de Jérôme Jadot
--'--
--'--

Ces militants sont consultants, juristes, ingénieurs, banquiers. Ils sont un peu en manque après avoir fait la campagne du candidat Emmanuel Macron. "Il y a eu une attente au 14-Juillet et un silence. Le fait d’être le président de tout le monde crée des obligations", confie l'un des militants. L'utilisation récente du mot "bordel" par le président lance la discussion. Le président de la République se défend d'avoir été clivant en employant ce terme "populaire". "C’est populaire ?", s'interroge aussitôt un membre du groupe. "Absolument, répond sa voisine, je tiens aussi des discours familiers, ça ne m’empêche pas d’aimer aussi les gens". Le verbe présidentiel n'est pas jugé si populaire que cela. "Il est très cultivé, très instruit, mais par moment, il a un problème. Il n’arrive pas à parler simple", constate une militante.

Le calendrier sur le chômage jugé "engageant"

Le discours parait plus clair quand le président prend date pour les effets de ses réformes sur le chômage, visibles "dans un an et demi, deux ans". L'annonce plait à Jean-Christophe, cadre dans les ressources humaines : "C’est beaucoup plus engageant que ce qui été dit jusqu’ici". Peut-on comparer ce calendrier avec l'inversion de la courbe du chômage espérée par son prédécesseur ?

Hollande avait eu raison de s’engager. Ça n’a pas marché parce qu’il n’a pas trouvé les solutions, mais c’est normal qu’un président élu là-dessus aussi, s’engage aussi sur ce point.Jean-Christophe, sur le chômageà franceinfo

Ce qui plait dans l’assistance, c’est l’ouverture l’an prochain du chantier de l’intéressement et de la participation. Une partie du groupe tique un peu lorsqu'Emmanuel Macron répète qu'il souhaiterait supprimer l'indemnisation chômage au bout de deux refus d'offre d'emploi. Sur la modification de l'ISF, Jean-Christophe applaudit. "Il a été très bon sur l’aberration de l’ISF. Cet impôt ne rapporte pas tant que ça d’argent et il énerve beaucoup de gens", affirme-t-il, précisant qu'il est assujetti à l'impôt de solidarité sur la fortune. Il aurait souhaité qu’il soit totalement supprimé. "Pourquoi n’est-il pas allé jusqu’au bout ?", se demande-t-il, à propos d’"un président qui a tendance à renverser les tables". Son fils, étudiant, n'est pas sur la même ligne. Il se dit inquiet par la répartition des allégements fiscaux dans son ensemble, qui vont bénéficier en grande partie aux plus aisés.

Il fait "ce qu'il avait promis"

L’assemblée estime la prestation plutôt réussie. Le président a su redonner de la cohérence, se félicite Marie.

Emmanuel Macron démontre que ses cinq premiers mois s’inscrivent totalement dans ce qu’il avait promis aux Français. Maintenant à l’Elysée, il est en train de changer de cap.Marie, militante LREMà franceinfo

Ce n’est pas ce que faisaient ses prédécesseurs, commente un militant. Une remarque aussitôt tempérée par son voisin : "Comme pour ses prédécesseurs, ce genre de rendez-vous ne convainc que ceux qui sont déjà convaincus."