"Donnons-lui le temps" : Nicolas Sarkozy défend Emmanuel Macron

Cet entretien fleuve publié dans "Le Point" intervient quelques jours après la confirmation par la cour d'appel de Paris du renvoi de l'ancien président devant un tribunal dans l'affaire Bygmalion.

Nicolas Sarkozy à Athènes en Grèce, le 23 octobre 2017.
Nicolas Sarkozy à Athènes en Grèce, le 23 octobre 2017. (ALEXANDROS MICHAILIDIS / SOOC / AFP)

"Les Français s'exprimeront" lors des prochaines élections, a déclaré l'ancien président Nicolas Sarkozy à propos d'Emmanuel Macron dans un long entretien publié mardi 31 octobre par Le Point (édition abonnés). "Donnons-lui le temps", a-t-il ajouté.

"Je sais combien il est difficile de satisfaire toutes les attentes nées d'une élection. Je m'abstiendrai donc de le critiquer. J'observe d'ailleurs qu'en matière de critiques, il semble servi... Et c'est si facile de détruire, a-t-il déclaré. Il met toutefois en garde l'actuel président contre un pouvoir "dangereux" qui "peut devenir une drogue. Un peu d'expérience ne nuit pas face aux dangers que les émanations du pouvoir peuvent générer", conseille l'ancien président (2007-2012).

"Aucune amertume"

Sur un éventuel retour à la vie politique, l'ancien président assure ne pas avoir "besoin du pouvoir pour vivre". Il admet avoir "commis des erreurs", "il y a des choses que je referais différemment, mais je n'ai aucune amertume, aucun regret", assure-t-il. Nicolas Sarkozy a aussi prôné "un nouveau traité" pour "changer profondément les règles du jeu" de l'Union européenne et empêcher le "divorce" avec le Royaume-Uni qu'il juge "évitable".

Cet entretien fleuve – qui ne contient aucune question sur les affaires en cours qui concernent l'ancien président comme le souligne le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi dans un tweet – intervient quelques jours après la confirmation par la cour d'appel de Paris de son renvoi devant un tribunal pour les dérapages financiers de sa campagne de 2012 dans l'affaire Bygmalion. Nicolas Sarkozy est également mis en examen depuis mars 2018 pour "corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens" dans le cadre de la campagne présidentielle de 2007.