Des femmes hauts fonctionnaires alertent Macron sur la place des femmes encore "insuffisante et préoccupante"

Dans une lettre ouverte, elles regrettent une régression par rapport au mandat précédent.

(SAM EDWARDS / CAIAIMAGE)

Elles tirent la sonnette d'alarme. Des femmes hauts fonctionnaires demandent à être reçues par Emmanuel Macron, estimant que "la place des femmes dans le pilotage de l'Etat continue à être insuffisante et préoccupante", dans une lettre publiée sur le site internet de L'Express, jeudi 4 janvier.

Dans ce courrier "pour l'égalité femmes-hommes dans l'administration", ces femmes réunies dans plusieurs associations composant les réseaux de la fonction publique (Intérieur, Justice, Affaires étrangères, Défense, Enseignement, Culture...), jugent "indispensable" l'"élaboration d'un dispositif Sauvadet 2". La loi Sauvadet de mars 2012 prévoit l'instauration progressive d'ici à 2018, sous peine de pénalités financières, d'un quota de 40% de femmes parmi les hauts fonctionnaires nommés chaque année.

Les femmes, seulement 38% des effectifs des cabinets à l'Elysée

"Force est de constater que, malgré les annonces faites dans les premiers mois de votre quinquennat, que les réseaux féminins saluent, l'inquiétude prédomine sur la place des femmes dans le pilotage de l'Etat, sur leurs parcours professionnels et sur la lutte contre les stéréotypes, le sexisme et le harcèlement sexuel", expliquent ces femmes hauts fonctionnaires.

"Le portage politique de ce sujet par vos ministres régresse par rapport à la mandature précédente", estiment-elles, relevant "la composition de leurs cabinets" et "les nominations aux postes de responsabilité". Les femmes ne représentent que 38% des effectifs des cabinets à l'Elysée : 17 femmes sur 53 membres du cabinet sans compter les militaires.

Dans la fonction publique d'Etat, après une stagnation en 2016 avec 33% de femmes primo-nommées (taux identique à celui de 2013), en 2017, pour la première fois depuis la mise en place du dispositif de nominations équilibrées aux postes de responsabilité, l'obligation légale de primo-nomination de 40% de femmes ne sera très probablement pas respectée.