Ce que l'on sait du jeune ultranationaliste qui projetait de tirer sur Emmanuel Macron en 2017

Arrêté en 2017 et placé depuis en prison, l'homme de 25 ans a été renvoyé, fin juin, en correctionnelle pour "entreprise individuelle terroriste" et "transport d'explosifs et d'armes de catégorie D en relation avec une entreprise terroriste". Il était notamment inspiré par le terroriste norvégien Anders Breivik.

Le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Edouard Philippe lors du défilé militaire sur les Champs-Elysées, à Paris, le 14 juillet 2017. 
Le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Edouard Philippe lors du défilé militaire sur les Champs-Elysées, à Paris, le 14 juillet 2017.  (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / POOL / AFP)

Il voulait tuer Emmanuel Macron lors du défilé militaire du 14 juillet 2017 sur les Champs-Elysée et prévoyait également de s'en prendre aux "musulmans, aux juifs, aux Noirs, aux homosexuels et aux francs-maçons". Guillaume M., un ultranationaliste de 25 ans, a été renvoyé fin juin devant le tribunal correctionnel de Paris, a appris franceinfo, mercredi 21 août, de source judiciaire, confirmant une information du Parisien. Son procès pourrait se tenir en 2020.

Il a été arrêté en 2017 

Âgé de 23 ans à l'époque, Guillaume M. a été interpellé le 28 juin 2017 à Argenteuil (Val-d'Oise). Repéré alors qu'il cherchait à se procurer une arme sur un site de jeux vidéo, il avait déclaré vouloir s'en prendre au président de la République ainsi qu'à des "communautés minoritaires", confirme une source judiciaire à franceinfo.  Plusieurs internautes avaient alors signalé les dires et agissements du jeune homme sur la plateforme de signalement des contenus illicites Pharos. 

Trois couteaux de cuisine avaient été retrouvés dans son véhicule. L'exploitation de son ordinateur avait également révélé des recherches sur internet concernant des cibles potentielles, selon les informations du Parisien. L'homme aujourd'hui âgé de 25 ans, qui présente des troubles de la personnalité et un profil suicidaire, avait été mis en garde à vue à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) dans les locaux de la sous-direction antiterroriste (SDAT), puis mis en examen. Selon Le Parisien, il a, durant cette garde à vue, précisé qu'il souhaitait tirer sur le chef de l'Etat et "tuer plusieurs personnes de chaque communauté minoritaire, c'est-à-dire musulmans, juifs, noirs, homosexuels et francs-maçons". 

Il a été renvoyé en correctionnelle fin juin 2019

Guillaume M. doit désormais être jugé par le tribunal correctionnel de Paris pour "entreprise individuelle terroriste" et "transport d'explosifs et d'armes de catégorie D en relation avec une entreprise terroriste", conformément aux réquisitions du parquet. D'après Le Parisien, le jeune homme a effectué un court passage dans les Jeunesses nationalistes révolutionnaires, un groupuscule d'extrême droite dissous en 2013 après la mort du militant d'extrême gauche Clément Méric. Mais l'enquête a prouvé qu'il n'était plus en lien avec ce groupe et qu'il était isolé, marginalisé et sans emploi. En attendant son procès, qui devrait avoir lieu dans quelques mois, en 2020, l'ultranationaliste est détenu à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne). 

"L'entreprise individuelle terroriste", puni de dix ans d’emprisonnement, est un délit peu fréquent qui a été créé par la loi du 13 novembre 2014 afin de poursuivre les "loups solitaires", c'est-à-dire des suspects sans complicité ni lien avec une quelconque organisation. Il a notamment été utilisé dans l'enquête sur l'attentat sur les Champs-Elysées du 20 avril 2017, lorsque Karim Cheurfi avait tué le policier Xavier Jugelé avant d'être abattu. Alain Feuillerat, un ancien militaire de 34 ans converti à l'islam et radicalisé, a également été mis en examen pour ce délit en mai 2017, après son interpellation en bordure de la base aérienne d'Evreux (Eure). Il était en possession d'armes et de munitions et portait un insigne du groupe Etat islamique.

Il était connu de la justice

En 2016, le jeune homme avait été condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et mise à l'épreuve pour provocation à la haine raciale et apologie du terrorisme. Il avait vanté les actes du Norvégien Anders Behring Breivik, l'auteur de l'attentat du 22 juillet 2011 à Oslo et Utøya qui a fait 77 morts, principalement des jeunes militants de gauche.

Ce projet du jeune homme avait ravivé le souvenir du 14 juillet 2002, lorsque Maxime Brunerie, militant d'extrême droite de 25 ans, avait tenté d'atteindre le président Jacques Chirac avec un fusil 22 long rifle dissimulé dans un étui à guitare. L'homme, condamné en décembre 2004 à dix ans de réclusion criminelle, a été libéré en août 2009. C'est d'ailleurs lui qui a inspiré le jeune ultranationaliste, comme le rapporte Le Parisien, qui le cite : "Je me suis rappelé ce qu'avait fait Maxime Brunerie et cela m'a donné l'idée."