Ce qu'il faut retenir de l'entretien d'Emmanuel Macron à la chaîne américaine CBS

Le président de la République a notamment reconnu avoir commis une erreur en 2018, en sous-estimant "l'impact sur la classe moyenne" des mesures visant à augmenter le prix du carburant.

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France Télévisions
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Le président de la République Emmanuel Macron lors d'un entretien à la chaîne américaine CBS, le 18 avril 2021. (CBS BROADCASTING, INC. / VIA AFP)

Emmanuel Macron a accordé un entretien à la chaîne américaine CBS (en anglais), dimanche 18 avril, durant lequel il a évoqué plusieurs thèmes, comme les restrictions de voyage liées au Covid-19, le climat et la Russie. Voici ce qu'il faut retenir de cette intervention en anglais depuis l'Elysée.

Sur les restrictions de voyage

Le président français a annoncé une levée progressive, "début mai", des restrictions de voyage pour les Américains ayant reçu deux doses de vaccin. "Avec les professionnels français, nous organiserons ainsi l'été pour les citoyens français, européens et américains", a-t-il ajouté, alors que le secteur du tourisme est grandement affecté par la situation sanitaire. "Nous travaillons donc activement à l'élaboration d'une solution concrète, notamment pour les citoyens américains vaccinés qui pourront bénéficier, en quelque sorte, d'un certificat spécifique."

Il a ajouté que des discussions étaient en cours avec la Maison Blanche, et que les ministres concernés "parachèvent actuellement les discussions techniques". Alors qu'un certificat européen est en projet pour faciliter les déplacements dans l'UE, cette possibilité pourrait être offerte, à terme, "aux citoyens américains vaccinés ou détenteurs d'un test PCR négatif".

Sur le climat

Emmanuel Macron a estimé qu'il fallait "accepter d'investir de l'argent public dans ces transitions [écologiques] pendant plusieurs années" et "changer les modèles économiques et le comportement des investisseurs afin de financer les investissements verts et de pénaliser ceux qui ne suivent pas ce mouvement". Le président a estimé qu'il fallait "largement transformer notre économie, en augmentant le prix du carbone", mais d'une manière "réalisable" pour la population.

"Si vous allez à la Maison Blanche ou au palais de l'Elysée pour dire : 'Maintenant, il va falloir vous adapter et payer plus cher', je peux vous assurer que vous accroîtrez les inégalités sociales", a-t-il déclaré. "Je peux vous dire en toute humilité que j'en suis d'autant plus convaincu que j'ai moi-même fait des erreurs auparavant", a-t-il confié, en référence au mouvement des "gilets jaunes", né avec le projet d'une hausse des taxes sur le carburant en 2018. "Nous devons aider les classes moyennes et les foyers modestes à nous suivre."

Emmanuel Macron a par ailleurs souhaité que la Chine aille plus loin dans ses engagements de réduction des gaz à effet de serre – Pékin vise une neutralité carbone en 2060 – avant un sommet international virtuel sur le climat les 22 et 23 avril initié par le président américain Joe Biden. Avec Angela Merkel, le chef de l'Etat l'a redit vendredi au président chinois Xi Jinping.

Sur la Russie

Emmanuel Macron a plaidé en faveur "d'un dialogue ouvert, apaisé et respectueux avec la Russie" tout en réclamant la définition de certaines "lignes rouges très nettes", sans lesquelles "nous ne pouvons pas être crédibles". Interrogé sur la présence de 31 000 soldats russes à la frontière avec l'Ukraine, le locataire de l'Elysée a jugé "cette situation inacceptable" et renouvelé sa demande en faveur d'une "désescalade nécessaire du côté de la Russie".

Concernant l'hypothèse d'une invasion russe en Ukraine, le président français a répondu que "nous devons, en effet, sanctionner tout comportement inacceptable" et ajouté que les "sanctions ne sont en aucun cas suffisantes" mais qu'elles "font partie des instruments à notre disposition".

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