Antisémitisme : les philosophes et "la question juive"

Alors que l’antisémitisme fait l’actualité, Martin Legros, rédacteur en chef de "Philosophie Magazine", décrypte le rapport entre les philosophes et la "question juive".

FRANCE 3

Dans la nuit du 18 au 19 février, des inscriptions antisémites ont été retrouvées dans un cimetière en Alsace. Devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Emmanuel Macron a annoncé une nouvelle définition de l’antisémitisme en France. Des sanctions financières pour éviter les insultes sur les réseaux sociaux et internet pourraient par ailleurs être créées. Martin Legros, rédacteur en chef de "Philosophie Magazine", revient sur la question de l’antisémitisme.

Sartre prend fait et cause pour les juifs

"L’un des textes les plus importants est un texte qui sort au lendemain de la guerre [écrit] par Jean-Paul Sartre, 'Réflexions sur la question juive’ (…) au moment où l’antisémitisme est encore vivace en France, où on n’avait pas encore pris la mesure de la Shoah", explique-t-il. "Sartre prend fait et cause pour les juifs. Ça a soulagé énormément de juifs quand ce texte est paru. Dans ce texte, Sartre propose une sorte de conversion du regard. On avait pris l’habitude de se demander qui sont les juifs, quels sont les reproches qu’on a à leur faire. Sartre propose de regarder non plus le juif, mais l’antisémite. Il fait un portrait au vitriol de ce personnage, comme étant un homme en proie à une haine passionnée pour le mal, imperméable aux arguments et aux expériences, méprisant le savoir, mais élaborant des scénarios très sophistiqués, très élaborés", explique Martin Legros.

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Jean-Paul Sartre, directeur de la publication du journal \"Libération\", le 5 mars 1973, avant la parution du premier numéro.
Jean-Paul Sartre, directeur de la publication du journal "Libération", le 5 mars 1973, avant la parution du premier numéro. (AFP)