Violences commises le 1er mai 2018 : le parquet de Paris requiert le renvoi d’Alexandre Benalla en correctionnelle

Le parquet demande également le maintien du contrôle judiciaire pour Alexandre Benalla.

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Radio France
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Alexandre Benalla, le 20 mars 2019. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Le parquet de Paris requiert mardi 9 février le renvoi d’Alexandre Benalla devant le tribunal correctionnel notamment pour "violences en réunion", sur des manifestants le 1er mai 2018, a appris franceinfo de source proche de l’enquête et confirmée par Yassine Bouzrou, l’avocat du syndicat de police Vigi, partie civile dans la procédure. Il réclame également le renvoi de Vincent Crase devant la justice, également pour "violences en réunion" sur des manifestants à la Contrescarpe et au Jardin des Plantes à Paris.

Alexandre Benalla, collaborateur d'Emmanuel Macron, et Vincent Crase, salarié de La République En Marche sont accusés d’avoir commis plusieurs violences contre des manifestants place de la Contrescarpe à Paris alors qu'ils étaient présents aux côtés des forces de l'ordre en tant qu'observateurs dans la manifestation du 1er mai 2018, mais aussi contre deux manifestants au Jardin des Plantes. 

Une enquête avait été ouverte après une vidéo montrant ces deux hommes en train de frapper un manifestant dans le secteur de la place de la Contrescarpe à Paris. Sur une autre vidéo, on voit deux hommes ressemblant fortement à Alexandre Benalla et Vincent Crase traîner un manifestant dans le Jardin des Plantes, avant les évènements de la Contrescarpe. Alexandre Benalla est également poursuivi pour le recel du CD-Rom, avec les images issues de la vidéosurveillance où l’on voyait Alexandre Benalla intervenir violemment contre ce couple.

"Usurpation de fonction"

Le parquet demande également que les deux hommes soient poursuivis pour "usurpation de fonction" puisqu'ils n'avaient pas fonction de police. "Le fait, par toute personne agissant sans titre, de s'immiscer dans l'exercice d'une fonction publique en accomplissant l'un des actes réservés au titulaire de cette fonction" est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.

Le parquet demande le maintien du contrôle judiciaire pour Alexandre Benalla et Vincent Crase. "Mes clients [le syndicat policier Vigi] accueillent cette nouvelle avec satisfaction même s’ils regrettent à juste titre que le parquet ait refusé que l’enquête soit étendue au coffre-fort de M. Benalla qui a disparu mystérieusement durant sa garde à vue", a réagi auprès de franceinfo Me Yassine Bouzrou.

Le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire contre X pour soustraction de documents ou objets concernant un crime ou un délit en vue de faire obstacle à la manifestation de la vérité dans cette disparition d'un coffre-fort. "Le préjudice pour la police nationale est immense. Il est scandaleux d’attribuer des cas de violences aux forces de l’ordre lorsqu’elles n’en sont pas responsables et que les véritables auteurs sont des proches des services de l’État. Le juge d’instruction doit maintenant en tirer toutes les conséquences", a poursuivi l'avocat de ce syndicat, minoritaire dans la profession.

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