VIDEO. L'enquête controversée sur les enregistrements Benalla a été lancée après un signalement de Matignon

Matignon a confirmé mercredi avoir transmis des informations au parquet de Paris au sujet de l'enregistrement révélé par Mediapart, conduisant à l'ouverture d'une enquête et à une tentative de perquisition controversée au siège du site d'information.

Le feuilleton Benalla n'en finit plus de rebondir. L'enquête polémique sur les enregistrements diffusés par Mediapart a été lancée après un signalement de Matignon, rapporte France 2 mercredi 6 février. Les services d'Edouard Philippe confirment "qu'une lettre signée par le directeur de cabinet du Premier ministre a bien été envoyée le 1er février au procureur de la République de Paris", raconte le journaliste Dominique Verdeilhan, spécialiste justice à France 2.

Cette lettre pose la question du rôle joué par le Premier ministre dans le lancement de cette enquête. "Certains magistrats que nous avons joint évoquent une procédure inhabituelle, pas coutumière. D'autres parlent même d'une main mise de l'exécutif sur le judiciaire, rappelant que la nomination du procureur de Paris avait fait l'objet d'une polémique", poursuit Dominique Verdeilhan.

De mystérieux enregistrements

Après la publication de l'article de Mediapart, des journalistes ont tenté de vérifier auprès de Matignon l'hypothèse selon laquelle cette conversation a été enregistrée au domicile de la cheffe du Groupe de sécurité du Premier ministre (GSPM), un service sensible notamment en charge de la protection du Premier ministre. Dans la lettre au procureur, Matignon explique alors avoir mené des vérifications qui n'ont pas confirmé cette "allégation", sans toutefois lever tous les doutes. Cette lettre visait à informer le procureur de Paris Rémy Heitz "en toute transparence", a expliqué mercredi Matignon à l'AFP.

Le 31 janvier, Mediapart avait publié des extraits sonores d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase en date du 26 juillet, soit quatre jours après leur mise en examen dans l'affaire des violences du 1er-Mai et en violation de leur contrôle judiciaire. L'ex-chargé de mission à l'Elysée se targuait devant son ami, ancien employé de La République en marche, du soutien d'Emmanuel Macron dans cette affaire qui n'en finit pas d'empoisonner sa présidence.

L\'ancien chargé de mission de l\'Elysée, Alexandre Benalla, le 21 janvier 2019 au Sénat.
L'ancien chargé de mission de l'Elysée, Alexandre Benalla, le 21 janvier 2019 au Sénat. (ALAIN JOCARD / AFP)