VIDEO. Anonymat sur internet : "Quand on affiche une opinion, on doit dire d'où ça vient", juge Nicole Belloubet

La ministre de la Justice, à titre personnel, n'est "pas défavorable" à la levée de l'anonymat sur internet. 

RADIO FRANCE

"C’est une question délicate, elle est liée à la question de la liberté d'expression, a déclaré Nicole Belloubet à propos de la levée de l'anonymat en ligne sur les réseaux sociaux, mardi 2 avril sur franceinfo. A titre personnel, je ne serais pas défavorable à cela, mais c’est quelque chose qui doit être traité avec beaucoup de subtilité"

Est-ce que cela concerne tout le monde, y compris des collaborateurs de l'Elysée ? Un ex-proche conseiller d'Emmanuel Macron, Ismaël Emelien, a reconnu dans l'émission C à vous, sur France 5 la mise en ligne de vidéos via un compte Twitter anonyme pour défendre Alexandre Benalla. La ministre de la Justice a répondu en rappelant "une position de principe". "Mon point de vue, c'est que quand on affiche une opinion, on doit être capable de l'exprimer et on doit dire d'où ça vient (...) cela vaut pour tout le monde." 

De nouvelles contraintes pour les hébergeurs

Une proposition de loi sera défendue au mois de mai sur la propagation des contenus haineux, antisémites ou racistes sur les réseaux sociaux. Pour la ministre de la Justice, "il faut contraindre [les hébergeurs] à retirer des propos dans les 24 heures". "Nous allons instaurer dans cette loi des dispositifs qui nous permettrons dans les 24 heures d'exiger le retrait et s'il n'y a pas retrait, il y aura sanction", a-t-elle précisé. La garde des Sceaux a également tenu à rappeler "à l'ensemble des magistrats, la possibilité de rendre obligatoire la publicité d'une décision qui sanctionne un propos raciste ou antisémite, à titre d'exemple".

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, invitée de franceinfo le 2 avril 2019.
La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, invitée de franceinfo le 2 avril 2019. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)