VIDEO. "L'Assemblée ne saurait être aux ordres de l'Elysée" : le corapporteur Guillaume Larrivé suspend sa participation à la commission d'enquête

Le député LR estime que la présidence "souhaite torpiller les travaux de [la] commisision".

Guillaume Larrivé (LR), corapporteur de la commission d'enquête de l'Assemblée sur l'affaire Alexandre Benalla, a suspendu sa participation "à ce qui n'est devenu hélas qu'une parodie", selon ses termes. "Est-ce que l'Elysée souhaite torpiller les travaux de notre commission ? Je le crois, je le crains, a dénoncé le député, jeudi 26 juillet, accusant les députés de la majorité d'avoir pour instruction de "bâcler la préparation d'un vrai-faux rapport".

Trois "exigences"

Le corapporteur a adressé trois "exigences" à la présidente de la commission, Yaël Braun-Pivet (LREM). Il réclame d'abord l'audition des personnes dont la liste a été communiquée à la commission et la mise en place d'un calendrier précis pour leur déroulement. Enfin, il réclame la communication de tous les documents nécessaire "à la compréhension de la chaîne de responsabilité", notamment ceux de l'Elysée relatifs à la rémunération, au contrat, au logement et aux sanction prises à l'encontre d'Alexandre Benalla.

Guillaume Larrivé a également rappelé que les pouvoirs de la commission d'enquête expiraient le 20 août et que le bon déroulement de ses travaux engageaient la "dignité de l'Assemblée nationale, qui ne saurait être aux ordres de l'Elysée".

Prenant la parole dans la foulée, Yaël Braun-Pivet, s'est dite "choquée" par les propos du député, rappelant que les auditions et le calendrier des travaux avaient fait l'objet d'un vote la veille. "Nous ne sommes aux ordres de personne", a-t-elle répondu, rappelant que la commission n'aurait pu se créer sans l'accord de la majorité et dénonçant l'attitude de ceux qui voulaient faire de cette commission "une tribune".

Le député LR Guillaume Larrivé arrive à une réunion des Républicains, le 2 mai 2017 à Paris.
Le député LR Guillaume Larrivé arrive à une réunion des Républicains, le 2 mai 2017 à Paris. (PATRICK KOVARIK / AFP)