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Passeports d'Alexandre Benalla : "Si les faits sont avérés", il faut le "poursuivre" et "stopper cette situation"

Le sénateur Les Républicains François-Noël Buffet, vice-président de la commission des lois et membre de la commission d'enquête qui a entendu en septembre dernier l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron, appelle à poursuivre ce dernier s'il a effectivement encore l'usage de passeports diplomatiques qu'il aurait dû rendre.

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Radio France
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Francois-Noel Buffet, le 18 avril 2018. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"Si les faits sont prouvés et avérés, ce qui semble être le cas", il "faut poursuivre" Alexandre Benalla devant la justice, afin de "stopper cette situation", a estimé ce vendredi sur franceinfo le sénateur Les Républicains François-Noël Buffet, vice-président de la commission des lois et membre de la commission d'enquête qui a entendu en septembre dernier l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron.

D'après Mediapart, Alexandre Benalla, limogé en juillet, utiliserait encore un passeport diplomatique lors de ses voyages d'affaires à l'étranger. "Quelle crédibilité au plus haut niveau de l'Etat ? (…) Comment cet homme seul arrive, finalement, à faire ce qu'il veut, comme il veut, quand il veut ?", s'est interrogé François-Noël Buffet.

franceinfo : Comment réagissez-vous à cette nouvelle affaire Benalla ?

François-Noël Buffet : Je suis à la fois stupéfait et à la fois pas complètement surpris. J'avais le sentiment qu'il ne nous avait pas tout dit et peut-être même qu'il nous avait menti. Et ce qui apparaît aujourd'hui avec la révélation de ces faits, c'est que nous avions raison, l'histoire n'est pas terminée. Comment se fait-il, alors qu'on lui a demandé de restituer son passeport diplomatique, qu'il ne l'ait pas fait ? Et que par ailleurs (...) il voyage à travers le monde, en Afrique en particulier, rencontre des chefs d'Etat, soi-disant pour des affaires privées mais muni de ce passeport diplomatique qui est un document officiel en principe réservé pour des missions particulières au service de notre pays ? C'est tout à fait extraordinaire.

Le ministère des Affaires étrangères dit avoir écrit à Alexandre Benalla pour récupérer ses passeports diplomatiques. Est-ce suffisant ?

Manifestement, non, puisque le fait d'avoir écrit n'a pas eu de résultat. Il a l'air de s'en ficher, en tout cas c'est l'impression que nous avons. Faut-il penser encore une fois de plus que cet homme est extrêmement protégé, ou alors qu'il joue encore un rôle peut-être un peu secret ? Nous n'en savons rien. Moi, je suis très inquiet de voir ce personnage continuer d'agir de la sorte et de voir aussi au-delà de ça que les plus hautes instances nationales n'aient pas mis bon ordre. C'est tout à fait étonnant de voir qu'il continue d'agir.

Faut-il que la commission d'enquête parlementaire réentende Alexandre Benalla ?

Je le pense. Il faut d'abord vérifier qu'entre les déclarations qu'il a faites et la réalité il y a eu un mensonge. Ce qui pose le problème d'avoir témoigné sous serment et d'avoir menti. C’est évidemment une infraction pénale lourde. Il peut donc y avoir l'opportunité de poursuites contre M. Benalla.

Il faut le poursuivre, selon vous ?

Je pense que si les faits sont prouvés et avérés, ce qui semble être le cas, oui, il faut le faire. Il faut arriver à stopper cette situation : au sein de la République, on a quelqu'un qui se promène depuis longtemps dans des conditions tout à fait extraordinaires pour ne pas dire exotiques. Quelle crédibilité au plus haut niveau de l'Etat ? Quelle crédibilité pour notre pays ? Et comment cet homme seul arrive, finalement, à faire ce qu'il veut, comme il veut, quand il veut ? (…) Il y a besoin que l'Elysée clarifie fermement les choses. Il faut qu'on en sorte. Si [Emmanuel Macron] ne le fait pas, ça interroge. S'il n'agit pas et s'il ne met pas en route les moyens nécessaires pour clarifier les choses et en finir, ça interrogera sur les relations qu'il y avait entre lui et M. Benalla.

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