Motions de censure : Édouard Philippe en première ligne à l'Assemblée nationale

Le Palais Bourbon examine aujourd'hui deux motions de censure déposées par l'opposition dans l'affaire Benalla. C'est le Premier ministre qui répondra aux députés. 

Édouard Phillipe, à l\'Assemblée nationale, le 24 juillet 2018. 
Édouard Phillipe, à l'Assemblée nationale, le 24 juillet 2018.  (BERTRAND GUAY / AFP)

L'affaire Benalla se poursuit, avec deux motions de censure examinées mardi après-midi à l'Assemblée nationale. La gauche et Les Républicains ont décidé d'interpeller le gouvernement, même s'ils n'ont aucune chance de le faire tomber. Mais les débats promettent des joutes oratoires avec le Premier ministre.   

Édouard Philippe répondra aux deux motions 

Pour l'ancien maire du Havre, la stratégie sera un peu "j'y suis pour rien, mais je fais le boulot". Son entourage souligne malicieusement que c'est surtout l'Élysée et le ministère de l'Intérieur qui étaient dans la lessiveuse jusqu'à maintenant. Mais Matignon assume, et se dit concerné par l'affaire pour au moins deux raisons. 

D'abord parce que l'opposition parle de milices paralèlles, critique les commissions d'enquête et dénonce le manque de transparence de l'exécutif. Des arguments qui mettent en cause tout le gouvernement. Et aussi parce qu'institutionnellement, c'est le Premier ministre qui est responsable devant le Parlement.

Le Premier ministre veut dénoncer "une collusion opportuniste" 

Édouard Phlippe a préparé un discours très offensif. Il sera factuel, mais pas seulement. Le Premier ministre va profiter de l'occasion pour dénoncer à nouveau une "instrumentalisation politique de l'affaire", et de fustiger une "opposition qui n'avait pas de prise jusque-là". Une "collusion gauche-droite opportuniste" et "de la politique politicienne" tranche un conseiller qui prévient : "qu'ils n'attendent pas des excuses !"

Il n'y aura pas de repentance, mais Matignon espère la fin de l'orage. "Ces motions de censure sont une opportunité pour nous", assure ce proche du Premier ministre pour qui "c'est la photo finish, après, plus question de feuilletonner".