Alexandre Benalla "n'est pas très renseigné sur la situation du droit et de la Constitution", ironise la sénatrice Marie-Pierre de La Gontrie

Marie-Pierre de La Gontrie, sénatrice PS de Paris, rappelle sur franceinfo qu'Alexandre Benalla ne peut pas se soustraire à une convocation devant la commission d'enquête du Sénat.

Alexandre Benalla, le 16 juin 2018, à l\'aéroport Roissy-Charles de Gaulle.
Alexandre Benalla, le 16 juin 2018, à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle. (THOMAS SAMSON / AFP)

Alexandre Benalla a affirmé, ce mardi à franceinfo, qu'il ne se rendrait pas à une convocation devant les parlementaires avant la fin de l'information judiciaire qui le vise. "Je vais venir à la fin de l'information judiciaire. Si je suis convoqué, j'irais", a dit Alexandre Benalla à franceinfo. Les sénateurs reprennent les auditions, ce mercredi, pour tenter d'éclaircir cette affaire. "Je pense qu'il n'est pas très renseigné sur la situation du droit et de la Constitution", explique, sur franceinfo, Marie-Pierre de La Gontrie, sénatrice Ps de Paris, membre de la commission des Lois.

franceinfo : Le refus d'Alexandre Benalla vous étonne-t-il ?

Marie-Pierre de La Gontrie : Je pense qu'il n'est pas très renseigné sur la situation du droit et de la Constitution. Lorsqu'on est convoqué par une commission d'enquête on doit s'y rendre. Je ne suis pas sûre qu'il y ait eu une convocation officielle mais peu importe. A ce stade, monsieur Benalla répond qu'il n'a pas l'intention de venir, mais je rappelle qu'il y a quelques semaines il demandait à venir à cette commission. Il ne peut pas se soustraire à cette convocation. Il y a sans doute une confusion de sa part ou de la part de son avocat.

Comment expliquez-vous ce revirement d'Alexandre Benalla ?

Je pense qu'il se trompe d'un point de vue juridique. Il n'a pas à apprécier s'il veut venir ou pas. Tous ceux qu'on a auditionnés, je ne suis pas persuadée qu'aucun avait eu envie de venir. Pourtant, ils viennent, prêtent serment, c'est une obligation constitutionnelle. Est-ce qu'il craint de devoir dire des choses ? C'est très difficile à expliquer. Est-ce qu'on lui a demandé de ne pas s'exprimer ? J'ai vu une déclaration assez curieuse de la garde des Sceaux expliquant pourquoi monsieur Benalla avait sans doute tardé à répondre. On est dans une grande confusion et peut-être qu'on a trouvé que ce monsieur était un peu trop bavard et qu'il valait mieux qu'il ne s'exprime pas.

Est-ce qu'il va y avoir une convocation officielle ?

Ce n'est pas moi qui convoque, c'est le président de la Commission d'enquête. Mais, c'était notre intention. Sur ce point, vous le saurez rapidement. On se réunit demain pour reprendre nos travaux, nous avons des auditions prévues, y compris de personnes mises en examen. Donc, on ne voit pas très bien quel est le motif. Nous savons très bien que nous ne pouvons pas l'interroger sur des faits qui font l'objet de la poursuite judiciaire. La commission d'enquête a un rôle constitutionnel qui est de contrôler le gouvernement, les pouvoirs publics et de faire d'éventuelles préconisations. C'est de ça dont nous parlons. Comment ça a marché à l'Elysée, qu'est-ce qui a dysfonctionné, comment peut-on faire pour que ça ne se reproduise pas ? Nous ne nous prenons pas pour des juges d'instruction.

N'allez-vous pas avoir du mal à ne pas évoquer des faits qui vont être examinés par la justice ?

Compliqué peut-être, mais ça ne sera pas du tout hors de portée pour nous. Depuis le début des auditions, nous avons essayé de comprendre ce qui a pu se passer ce jour-là, et quel était le rôle d'Alexandre Benalla. Comment était organisée la sécurité du président, comment était organisé la présence des observateurs ? Il y a beaucoup de choses qui sont de l'ordre de la définition du poste, de l'organisation professionnelle, de la hiérarchie et qui ne sont pas de l'ordre de l'infraction elle-même pour laquelle il est mis en examen.