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Affaire Benalla : la commission d'enquête du Sénat demande des poursuites contre Alexandre Benalla et Vincent Crase pour "faux témoignages"

L'ex-collaborateur de l'Elysée, auditionné à deux reprises sous serment, est passible de cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende.

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L'ex-collaborateur de l'Elysée Alexandre Benalla lors de sa seconde audition par la commission d'enquête du Sénat, au côté du sénateur Jean-Pierre Sueur, le 21 janvier 2019. (ALAIN JOCARD / AFP)

La commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla a demandé au bureau du Sénat de saisir la justice pour "faux témoignage" de la part d'Alexandre Benalla et de Vincent Crase, dans un courrier adressé au président de ce bureau, Gérard Larcher, mercredi 20 février.

Dans ce texte consulté par l'AFP, le président de la commission, Philippe Bas, et les deux corapporteurs, Jean-Pierre Sueur et Muriel Jourda, estiment que "contrairement à ses affirmations, [Alexandre Benalla] assurait bien, dans les faits, une fonction de protection rapprochée du chef de l'Etat".

Ils épinglent aussi ses déclarations sous serment sur ses passeports diplomatiques. Alexandre Benalla et Vincent Crase sont aussi soupçonnés d'avoir menti sur le contrat de sécurité privé négocié avec un oligarque russe, Iskander Makhmudov.

Trois responsables de l'Elysée mis en cause

Dans sa lettre, la commission met également en cause le témoignage de trois hauts responsables à l'Elysée : Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée, et le général Lionel Lavergne, chef du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR). La commission estime avoir "bénéficié d'utiles informations" de leur part mais elle a "également mis au jour dans leurs déclarations un certain nombre d'omissions, d'incohérences et de contradictions".

Ces trois hauts responsables "ont retenu une part significative de la vérité à la commission", notamment "sur le périmètre de la mission de sécurité exercée par Alexandre Benalla", jugent les sénateurs. Ils demandent, là aussi, au bureau du Sénat "de saisir le ministère public", qui pourra "procéder aux investigations qu'il jugera opportunes afin de déterminer s'il y a lieu de donner des suites judiciaires à ces déclarations".

"Tout témoignage mensonger devant une commission d'enquête parlementaire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende", rappelle la lettre.

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