Affaire Benalla : l'audition de Gérard Collomb "était une diversion"

"Notre groupe pense qu'il est désormais pertinent d'auditionner le président de la République", a commenté lundi midi sur franceinfo Alexis Corbière, député de La France insoumise, "car il semble être le seul à être au courant de ce rôle obscur, qui reste à définir, de M. Benalla".

Le député de La France insoumise, Alexis Corbière, à son arrivée au Palais Bourbon, lundi 23 juillet 2018, avant l\'audition du ministre de l\'intérieur, Gérard Collomb.
Le député de La France insoumise, Alexis Corbière, à son arrivée au Palais Bourbon, lundi 23 juillet 2018, avant l'audition du ministre de l'intérieur, Gérard Collomb. (GERARD JULIEN / AFP)

"On ne saurait se satisfaire que deux fusibles grillent et que tout reste en place", a jugé lundi 23 juillet sur franceinfo le député de La France insoumise, Alexis Corbière, évoquant le préfet de police de Paris et le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, après l'audition de Gérard Collomb le matin devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale dans l'affaire Benalla. Une audition qu'il a qualifiée de "diversion".

Franceinfo : Gérard Collomb doit-il démissionner ?

Alexis Corbière : Il est clair qu'il semble un peu dépassé par les événements. C'est le bilan qu'on tire de ces deux heures et demie qu'on a passées ensemble lundi matin. Ce n'était pas une audition, c'était une diversion. M. le ministre de l'Intérieur nous a appris, par exemple, qu'il ne connaissait pas le statut professionnel de M. Benalla, et qu'il pensait qu'il était policier. Imaginez que le ministre de l'Intérieur ne sait pas la nature du statut de la personne qui s'occupe de la sécurité du président de la République. Nous, nous pensons qu'il y a une équipe en vérité, dont M. Benalla. C'est la raison pour laquelle notre groupe pense qu'il est désormais pertinent d'auditionner le président de la République, car il semble être le seul à être courant de ce rôle obscur, qui reste à définir, de M. Benalla et d'autres personnes qui peuvent avoir joué un rôle lors de manifestations.

Vous rejoignez donc la demande du Parti socialiste ?

Oui, la situation est assez exceptionnelle. La droite le dit également. Il y a quand même une unanimité. C'est manifestement une équipe qui travaille sous la responsabilité de la présidence de la République, et dont le ministre de l'Intérieur ne sait quasiment rien. Il découvre qu'un permis de port d'arme a été accordé à M. Benalla, alors que lui était contre. Enfin, je voudrais dire qu'on a assisté ce matin à un exercice un petit peu désolant par moments, de volonté de la part du ministre de faire du préfet de police et du directeur de cabinet de l'Elysée les seuls responsables de la situation.

Vous craignez que ces deux hommes soient des fusibles ?

On ne saurait se satisfaire que deux fusibles grillent et que tout reste en place. Selon nous il y a une officine qui semble fonctionner en s'arrogeant des droits de police, qui a un rôle assez trouble, assurant la sécurité du Président. On ne comprendrait pas qu'il y ait une police politique parallèle qui existe sous l'autorité du président de la République.