Affaire Alexandre Benalla : un syndicat de police porte plainte pour "usurpation de fonction"

L'organisation minoritaire Vigi s'associe à l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris, après les révélations sur les violences commises par un chargé de mission d'Emmanuel Macron.

Une capture d\'écran de la vidéo tournée le 1er mai 2018 sur la place de la Contrescarpe à Paris.
Une capture d'écran de la vidéo tournée le 1er mai 2018 sur la place de la Contrescarpe à Paris. (TAHA BOUHAFS / AFP)

L'affaire Alexandre Benalla suscite des remous au sein de la police. Le syndicat minoritaire Vigi a porté plainte pour des faits d'"usurpation de fonction" et "usurpation de signe réservé à l'autorité publique", selon les informations du Parisien et de BFMTV, jeudi 19 juillet. L'organisation, qui dépend de la CGT-Police, s'associe à l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris, après les révélations du Monde sur les violences commises par le chargé de mission d'Emmanuel Macron.

"On a déposé plainte cet après-midi pour savoir comment on en est arrivé là, comment cette personne en tant qu'observateur" a eu son brassard et son casque, a annoncé Alexandre Langlois, le secrétaire général du syndicat Vigi-CGT-Police? au micro de BFMTV. Ce dernier précise également qu'un juge d'instruction a été saisi parce qu'il "estime que l'affaire est suffisamment grave pour que ce soit réellement indépendant".

Le syndicat rappelle sur son site que le port illégal d'un uniforme de police est punissable de six mois d'emprisonnement et 7 500 € d'amende, tout en dénonçant la gravité des violences volontaires commises le 1er mai 2018 sur la place de la Contrescarpe, à Paris. Vigi pointe également un manquement de l'Elysée préjudiciable à la réputation et à l'intégrité des agents de police.

Ce conseiller jette un discrédit sur toute la police nationale et l’Elysée laisse faire en toute connaissance de cause (...). Il vaut mieux laisser la police nationale être accusée de violences policières, que de dénoncer l’imposture d’un proche d’Emmanuel Macron.Le syndicat Vigisur son site

Le syndicat se demande pourquoi les faits n'ont pas été signalés au parquet, comme l'impose l'article 40 du Code de procédure pénale, et sur d'éventuelles complicités au sein du cabinet de l'Elysée, selon la plainte consultée par Le Parisien. Les syndicats majoritaires de police ont condamné fermement les agissements d'Alexandre Benalla. Alliance-Police nationale déplore "que l’image de la police soit ternie par le comportement d’un individu extérieur aux forces de sécurité", dans un communiqué.

Du côté d'Alternative Police-CFDT, on estime que "si ces faits avaient été perpétrés par un policier (...), il aurait fait immédiatement l’objet d’une procédure judiciaire et placé en garde à vue, d’une procédure administrative avec une suspension ou un changement de service". Enfin, la CGT-Police estime que "le comportement du conseiller de M. Macron nuit gravement à notre image auprès de la population et met en péril l’équilibre de nos institutions".