Primaire écologiste : quatre choses à savoir sur les tombeurs de Cécile Duflot

Yannick Jadot et Michèle Rivasi ont devancé l'ancienne ministre du Logement au premier tour de la primaire écologiste. Cécile Duflot est donc éliminée.

Les candidats à la primaire écologiste Yannick Jadot et Michèle Rivasi ont été qualifiés pour le second tour, le 19 octobre 2016.
Les candidats à la primaire écologiste Yannick Jadot et Michèle Rivasi ont été qualifiés pour le second tour, le 19 octobre 2016. (AFP / FRANCEINFO)

La gifle est terrible pour Cécile Duflot. L'ancienne ministre du Logement a été battue lors du premier tour de la primaire écologiste. Yannick Jadot est arrivé en tête du scrutin avec 35,61% des voix, devant Michèle Rivasi (30,16%). Cécile Duflot n'occupe que la troisième position, avec 24,41%, devant l'eurodéputée Karima Delli (9,82%).

Yannick Jadot et Michèle Rivasi sont deux noms relativement peu connus du grand public. Celui qui sera désigné candidat en novembre aura fort à faire pour faire mentir les sondages, qui créditent le candidat écologiste d'un score inférieur à 3% à la présidentielle. Voici quatre choses à savoir sur les deux candidats qui vont s'affronter lors du second tour, dont le résultat sera dévoilé le 7 novembre.

Ils sont tous les deux passés par Greenpeace

Michèle Rivasi a été directrice de Greenpeace France entre 2003 et 2004. Une période durant laquelle elle croise Yannick Jadot, puisque ce dernier a été directeur des campagnes de l'ONG entre 2002 et 2008. Greenpeace est une association de lutte pour la protection de l'environnement et la biodiversité sur la planète. Les deux candidats ont mené bien d'autres combats écologistes. Yannick Jadot est un des fondateurs de L'Alliance pour la planète, un important rassemblement d'organisations écologistes.

De son côté, Michèle Rivasi a cofondé l'ONG Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) après l'accident de Tchernobyl (Ukraine), en mai 1986. Cette association antinucléaire mène des études scientifiques dans le domaine de la radioactivité. Bête noire du lobby nucléaire, Michèle Rivasi s'est aussi récemment engagée dans la lutte contre les boues rouges, ces résidus industriels rejetés en Méditerranée, à 7 km des côtes, dans le parc national des Calanques. Michèle Rivasi s'est fait remarquer en organisant un apéro à base de boues rouges devant l'hôtel Matignon, le 12 septembre, pour alerter Manuel Valls.

Ils sont tous les deux députés européens

Les deux candidats ont été élus au Parlement européen en 2009, puis réélu en 2014. A ce titre, Yannick Jadot a participé au sommet sur le climat de Copenhague (Danemark) en 2009, puis au sommet de Cancun (Mexique) en 2010. 

De son côté, Michèle Rivasi a une carrière politique plus longue. Cette normalienne, agrégée de sciences naturelles, a été députée de la Drôme entre 1997 et 2002 en tant qu'apparentée au Parti socialiste. Elle a également été élue conseillère générale du canton de Valence et adjointe au maire de Valence, chargée des financements européens, entre 2008 et 2014.

Ils manquent tous les deux de notoriété

Yannick Jadot est parvenu à réunir sur son nom une partie des ennemis de Cécile Duflot, mais il va devoir batailler pour se faire un nom en dehors du cercle des écologistes. Comme le note Libération, certains estiment "qu’il est important pour le futur d’EELV, mais qu’il manque de notoriété". Il s'est fait remarquer lors du deuxième débat télévisé pour la primaire en affirmant ne "pas croire qu'il y aura(it) un président écologiste en 2017".

Je ne veux pas construire la crédibilité de l'écologie politique sur un coup de bluff (...) personne ne croit aujourd'hui sérieusement que les écologistes peuvent gagner l'élection présidentielle de 2017 !Yannick Jadot

Michèle Rivasi ne bénéficie pas de davantage de notoriété, malgré une carrière politique plus fournie. L'eurodéputée a décidé de se lancer dans la bataille après la défection de Nicolas Hulot, qu'elle soutenait. Et si elle manque d'appuis dans le parti, l'élue répond à Libération que sa notoriété s'est surtout construite à l'extérieur du cénacle vert : "Je ne suis pas la plus réputée, mais allez voir sur mon compte Facebook : j’ai au moins 1 500 personnes, non encartées, qui veulent voter pour moi. J’ai une vraie légitimité à l’extérieur du parti."

Ils veulent (logiquement) rassembler

Les débats ont fait apparaître peu de différences entre les deux candidats, qui souhaitent rassembler les différentes composantes de l'écologie. Michèle Rivasi se définit comme étant celle qui fait campagne "à l'extérieur du parti", sur le terrain, où elle défend une écologie "concrète, qui protège les gens". "Je passe mon temps à travailler et à combattre les lobbies à Bruxelles", affirme-t-elle dans Libération.

Le projet de Yannick Jadot est de "rassembler les trois écologies, citoyenne, associative et politique", comme l'indique RTL. Porte-parole d'Eva Joly en 2011, il avait claqué la porte de la campagne de cette dernière en raison des positions trop critiques de la candidate envers François Hollande. Même s'il a durci ses positions envers le président, ce proche de Daniel Cohn-Bendit est jugé hollando-compatible.