Primaire écologiste : la stratégie électorale au cœur du dernier débat entre les candidats

Delphine Batho, Jean-Marc Governatori, Yannick Jadot, Eric Piolle et Sandrine Rousseau ont débattu pour la dernière fois, une semaine avant le premier tour de la primaire écologiste. L'occasion de se positionner face aux autres forces de gauche.

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Les cinq candidats à la primaire écologiste, le 20 août 2021 à Poitiers (Vienne).  (NOSSANT/HARSIN ISABELLE / SIPA)

Les cinq candidats et candidates à la primaire écologiste de septembre ont chacun livré, vendredi 10 septembre, lors d'un débat sur Mediapart, la stratégie de leur potentielle campagne présidentielle. Tous ont refusé par avance un retrait au profit d'une ou d'un autre candidat de gauche.

Le maire de Grenoble, Eric Piolle, a estimé qu'il lui faudrait "avancer étape par étape" : "après la primaire, nous devrons créer une dynamique". "Nous verrons ensuite à Noël quelles seront les dynamiques (à gauche), moi je suis convaincu qu'elle sera écologiste", a-t-il ajouté. D'autant que pour lui, l'écologie est ce qui permet de rassembler autour d'elle "Insoumis, socialistes et citoyens, alors que les Insoumis ne veulent pas se mettre derrière les socialistes" et inversement.

Aller chercher "les écologistes de droite, du centre, de gauche"

"Vous décrivez les conditions de la défaite, rester sur l'électorat de gauche", lui a rétorqué l'entrepreneur Jean-Marc Governatori. Selon lui, le candidat devra aller chercher "les écologistes de droite, du centre, de gauche", mais aussi les écologistes qui ne sont pas positionnés, ce qui porte l'électorat potentiel à "20 millions d'écologistes" selon lui.

Pour sa part, la députée Delphine Batho a affirmé que la présidentielle serait un "référendum pour continuer la croissance destructrice ou pour la décroissance". Conséquence selon elle, "une espèce de sauve-qui-peut où on se serre les coudes" en cherchant une "tambouille" d'alliances à gauche, un espace actuellement fractionné en de multiples candidatures, ne fonctionnera pas.

Pas de retrait du candidat écologiste

L'ancienne vice-présidente de la région Hauts-de-France, Sandrine Rousseau, a aussi mis en garde contre "l'addition des logos" : "Il y a une très forte demande d'alliance de toute la gauche chez les électeurs, je l'entends et il faudra y réfléchir. Mais pas maintenant et peut-être même pas d'ici la présidentielle". "On a trop perdu en ambition" dans des coalitions, par exemple lors de la participation des Verts au quinquennat de François Hollande. Sandrine Rousseau pense que la présidentielle "va se jouer sur les valeurs" : "pas d'écologie sans cohésion sociale forte, un discours extrêmement fort, de vérité avec une incarnation".

De son côté, l'eurodéputé Yannick Jadot a assuré qu'il n'y aurait pas de retrait du candidat écologiste, comme lui en 2017 au profit du candidat socialiste Benoît Hamon. Désormais, "le seul logiciel qui soit propulsif, celui qui nous réconcilie avec l'avenir et réconcilie les Français entre eux, c'est l'écologie. Les autres ont trop transigé autour des réformes indispensables". Il a prévenu : "Nous allons rassembler autour de l'écologie : ni une dilution ni un repli identitaire". Le premier tour de la primaire aura lieu en ligne du 16 au 19 septembre.

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