Primaire écologiste : "Ce sera aux autres candidats de la gauche de se rallier à l'écologie", appelle Noël Mamère

Ancien candidat écologiste à l'élection présidentielle, Noël Mamère salue la qualité des débats lors du premier tour de cette primaire. 

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Radio France
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Noël Mamère lors d'un rassemblement en vue des élections européennes, le 29 janvier 2019. (ALEXIS SCIARD  / MAXPPP)

"Ce sera aux autres candidats de la gauche de se rallier à l'écologie", estime dimanche 19 septembre sur franceinfo Noël Mamère, ancien candidat écologiste à l'élection présidentielle, ancien député et ancien maire de Bègles. Les résultats du premier tour de la primaire écologiste sont attendus ce soir. Cinq candidats s'affrontent : Yannick Jadot, Éric Piolle, Delphine Batho, Sandrine Rousseau et Jean-Marc Governatori. Si l'un de ces candidats obtient 50% des suffrages il sera directement désigné comme candidat. Sinon, un deuxième tour se tiendra du 25 au 28 septembre 2021.

"Je ne peux pas dire à l'heure qu'il est qui sera désigné, je ne suis pas devin", confie le candidat écologiste ayant obtenu le meilleur résultat à une présidentielle. Le parti EELV est souvent qualifié de "coupeur de têtes", avec des candidats désignés comme favoris qui ne sont finalement pas choisis par les militants, à l'image de Cécile Duflot ou Nicolas Hulot. "Ce que je constate, c'est que nous avons très largement ouvert notre périmètre : on est passés de 15 000 votants à 122 000 aujourd'hui", rappelle Noël Mamère.

"Les écologistes comptent désormais dans la société. Nous pouvons d'ores et déjà dire que cette primaire est une réussite parce que les candidats se sont respectés et n'ont pas hésité à aborder les thèmes les plus importants qui concernent l'avenir des Français."

Noël Mamère

à franceinfo

"Les écologistes ne se sont pas réduits à des questions identitaires ou tournées autour de l'immigration, comme on le voit dans d'autres partis", poursuit celui qui a été candidat à l'élection présidentielle.

Serait-ce bénéfique pour les écologistes d'avoir un ou une candidate élu-e dès le premier tour de la primaire ? "C'est évident que ça lui donnerait une force considérable pour aller discuter avec les autres et pour commencer une campagne", analyse l'ancien député. "Il va falloir aller chercher tous ceux qui se sont abstenus, ceux qui ont envie d'écologie mais qui sont extrêmement déçus par les partis politiques et ne font plus confiance."
L'ancien maire de Bègles regrette sur franceinfo "la faiblesse démocratique" et la "fatigue politique" dans lesquelles se trouve aujourd'hui la France selon lui. "Aujourd'hui on peut faire campagne sur une image. Il me semblait jusque-là qu'on faisait campagne sur un projet. C'est ce que les écologistes doivent prouver aujourd'hui, sinon on réduit la politique à de la communication."

 "Se montrer rassembleurs"

Noël Mamère estime que même désigné par le vote des sympathisants, le candidat qui sortira de cette primaire ne pourra pas faire campagne tout seul : "Les écologistes ne pourront pas accéder à l'Élysée sans des partenaires. La transformation de la société se fera autour des questions que pose l'écologie. Dans toutes les enquêtes d'opinion, l'écologie est devenue une question prioritaire pour les Français. Donc, c'est aux écologistes de se montrer rassembleurs et ce sera aux autres candidats de la gauche de se rallier à l'écologie."

Celui qui a porté la voix des écologistes à la présidentielle de 2002 et avait obtenu 5.25% des voix estime qu'il serait aujourd'hui impensable de ne pas avoir de candidat vert en 2022. En 2017, Yannick Jadot, désigné par la primaire s'était rallié au candidat socialiste Benoit Hamon avant le premier tour. "Ce serait une incongruité politique qu'il n'y ait pas de candidat écologiste au moment où la société française est très concernée par l'écologie, à l'heure où l'écologie n'a jamais été aussi importante pour les Français en termes de menace du dérèglement climatique, d'effondrement de la biodiversité, d'inégalités des questions sociales et les questions démocratiques", développe Noël Mamère, qui invite par ailleurs Anne Hidalgo à quitter le Parti socialiste pour rejoindre EELV.

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