Education : François Hollande aurait tancé son équipe

François Hollande a adressé mercredi une "sévère mise au point" à son équipe de campagne lors d'une réunion de son conseil politique. Ce recadrage fait suite aux couacs sur les créations de postes dans l'éducation.

Vincent Peillon et François Hollande (15 décembre 2011)
Vincent Peillon et François Hollande (15 décembre 2011) (PATRICK KOVARIK / AFP)

François Hollande a adressé mercredi une "sévère mise au point" à son équipe de campagne lors d'une réunion de son conseil politique. Ce recadrage fait suite aux couacs sur les créations de postes dans l'éducation.

François Hollande a adressé mercredi 18 janvier une "sévère mise au point" à son équipe de campagne lors d'une réunion de son conseil politique, selon les participants à cette réunion. Ce recadrage a porté sur les couacs qui se sont succédés à propos des créations de postes dans l'éducation nationale.

Un débat ouvert par Jérôme Cahuzac qui s'est vu contredire par la gauche du PS, personnalisée par Benoît Hamon.

"On a tout pour gagner"

"François Hollande a fait une sévère mise au point en disant qu'il fallait savoir si on voulait gagner", a affirmé un participant à l'AFP. Selon un autre participant au conseil politique, M. Hollande a affirmé: "On a tout pour gagner. Si on ne gagne pas, on ne le devra qu'à nous-mêmes, vous n'êtes pas obligés de vous commenter les uns et les autres et de m'obliger à corriger les uns et les autres".

"Le sentiment général, c'est que c'était très déplacé de la part du porte-parole" de faire ce communiqué. "Tout le monde était mal à l'aise", a-t-on ajouté.

Le "conseil politique élargi" réunissait notamment mercredi Pierre Moscovici, Manuel Valls, Martine Aubry, Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg, Laurent Fabius, Ségolène Royal, Jean-Marc Ayrault, François Rebsamen, Jérôme Cahuzac, Harlem Désir et Jean-Michel Baylet. Benoît Hamon n'était pas présent.

Benoît Hamon, qui a indiqué ne pas s'être exprimé en tant que porte-parole, n'était pas le seul signataire de la critique adressée à Jérôme Cahuzac. Le communiqué communiqué était signé par des représentants de la gauche du PS, B. Hamon, H.Emmanuelli et M.N. Lienemann. "François Hollande va faire les arbitrages dans les jours qui viennent et nous sommes inquiets de ce que nous entendons et qui n'a rien à voir avec ce qu'il disait pendant la primaire", a confié Marie-Noëlle Lienemann mercredi au Point pour "justifier un communiqué en forme de pression", écrit l'hebdomadaire.

Martine Aubry désavoue son porte-parole et critique Cahuzac

Martine Aubry a, de son côté, désavoué les auteurs du communiqué, et notamment Benoît Hamon, affirmant mercredi lors d'une conférence de presse consacrée au sommet social : "Il y a toujours une ou deux voix...Ils ne nous empêcheront pas de gagner. "Que ceux qui ont à faire parler d'eux se taisent" a-t-elle ajouté. Elle a aussi taclé Jérôme Cahuzac qui, selon la première secrétaire du PS, "n'avait pas à s'exprimer", en ne respectant pas en plus la parole du candidat.

Les précisions de Peillon

Dernière intervention en date sur le sujet, celle de Vincent Peillon, en charge de l'éducation dans l'équipe présidentielle: ce dernier a affirmé que François Hollande entendait bien créer 12.000 postes dans l'Education chaque année lors du prochain quinquennat, précisant que cela se ferait à "périmètre constant de la fonction publique d'Etat".

"Chaque année, il y a 60.000 départs à la retraite dans la fonction publique d'Etat, dont la moitié, 30.000, sont dans l'Education", a rappelé M. Peillon. Si M. Hollande est élu, "ces 30.000 départs dans l'Education, nous les remplaçons intégralement. Et en plus, nous rattrapons les suppressions de postes du précédent quinquennat en créant 12.000 postes chaque année pendant cinq ans", a-t-il poursuivi.

Ces 12.000 postes seront "repris sur l'ensemble de fonction publique d'Etat. C'est donc une création nette pour l'Education, mais à périmètre constant de la fonction publique d'Etat", a ajouté M. Peillon.