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EDF, sauveur surprise de Photowatt

Le groupe public d'électricité a déposé ce matin une offre de reprise de Photowatt, fabricant de panneaux solaires situé à Bourgoin-Jallieu (Isère) et placé en redressement judiciaire. Une offre inattendue, à moins de trois mois de la présidentielle.
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Radio France
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"Nous n'avons pas vocation à être fabricant de panneaux solaires, ce n'est pas notre métier ", déclarait début janvier une porte-parole d'EDF. Un mois et demi plus tard, le groupe français d'électricité vient de déposer une offre ferme de reprise de Photowatt, le seul fabricant de cellules photovoltaïques en France. Pourquoi ce changement soudain de stratégie ? Certaines sources proches du dossier mettent en avant des pressions de l'Elysée. Après les salariés de Lejaby, et à moins de trois mois de la présidentielle, Nicolas Sarkozy volerait donc au secours des 430 salariés de Photowatt. "On ne peut que se féliciter pour la filière photovoltaïque et ses salariés ", note François Brottes, député PS de l'Isère et spécialiste des questions énergétiques. Avant d'ajouter :

"Mais ce qui est quand même extravagant, c'est le rôle de pompier-pyromane du président dans cette affaire"

Photowatt, entreprise pionnière de l'énergie solaire, basée à Bourgoin-Jallieu, en Isère, a déposé le bilan début novembre, suivi d'un placement en
redressement judiciaire. La date butoir de dépôt des propositions de reprise de l'activité
était fixée à aujourd'hui. EDF propose donc de reprendre l'ensemble des 430 salariés : 345 au sein de Photowatt et 85
reclassés au sein du groupe. Deux autres offres ont déjà été déposées :
l'une prévoit la reprise de 379 salariés (par le fabricant grenoblois de
fours industriels ECM), l'autre la reprise de 222 salariés (par un
consortium composé de la société MPO International et de l'assembleur
lyonnais de modules photovoltaïques Solarezo).

Le chef de l'Etat a pour sa part indiqué qu'il se rendrait sur place, à Bourgoin-Jallieu, mardi prochain, sans doute pour y expliquer aux salariés l'offre de reprise d'EDF. Ainsi, le chef de l'Etat pourrait-il s'auréoler de cette annonce, à quelques jours (ou quelques heures) d'enfiler ses habits de candidat. Mais au final, c'est bien le tribunal de commerce
de Vienne (Isère) qui tranchera : il doit étudier les offres des trois candidats repreneurs le 21 février.

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