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Des députés UMP ont dénoncé un appel supposé de mosquées à voter pour François Hollande

Des députés UMP ont dénoncé cette semaine une "transgression du principe de laïcité", à la suite d’un "appel" supposé de "700 mosquées" à voter pour François Hollande. Le Conseil du culte musulman (CFCM) a démenti mercredi 25 avril.
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Un musulman à la Grande mosquée de Strasbourg en août 2011 (AFP PHOTO / PATRICK HERTZOG)

Des députés UMP ont dénoncé cette semaine une "transgression du principe de laïcité", à la suite d'un "appel" supposé de "700 mosquées" à voter pour François Hollande. Le Conseil du culte musulman (CFCM) a démenti mercredi 25 avril.

Plusieurs centaines de recteurs de mosquées ont appelé vendredi dernier à voter massivement à l'élection présidentielle. Parallèlement, des responsables d'associations musulmanes ont appelé leurs fidèles à prendre position dans le débat électoral de la course à l'Elysée.

En réaction à un article du site Marianne 2, affirmant qu'un "appel" à voter en faveur de François Hollande provenant de "700 mosquées" avait été lancé, deux députés de l'UMP, Eric Ciotti et Franck Riester, se sont insurgés mardi et mercredi contre ce qu'ils considèrent être une atteinte au "principe de laïcité" et une expression d'un "vote communautaire".

"Lorsque des imams appellent à se prononcer pour un candidat, c'est une transgression insupportable du principe de laïcité et du vivre-ensemble sur le territoire de notre République", a écrit Franck Riester dans un communiqué.

Eric Ciotti a quant à lui estimé dans un communiqué qu'"avec François Hollande, le vote communautaire [était] en marche".

Réaction à l'islamophobie

Vendredi dernier, le Conseil démocratique des musulmans de France avait mobilisé ses réseaux et lancé un "appel citoyen pour un vote massif hallal" aux "musulmans d'apparence", en réponse aux polémiques déclenchées les mois précédents.

Le Front des Banlieues Indépendant (FBI) a lui appelé à "voter utile, c'est-à-dire François Hollande" la semaine dernière à Puteaux devant un millier de musulmans. Le FBI a estimé sur son site que "l'islamophobie a été dans cette campagne présidentielle une thématique importante".

Devoir de neutralité

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, a déclaré qu'il ne possédait "aucune information concernant un appel à voter pour un candidat".

Le président de l'observatoire de l'islamophobie, rattaché au CFCM, Abdallah Zekri, a précisé que "200 responsables d'associations culturelles ou cultuelles, dont quelques imans, avaient appelé à voter mais sans désigner de candidat".

Un peu plus tôt, le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, avait appelé à ne pas laisser les institutions musulmanes s'immiscer dans l'élection présidentielle.

Une rencontre avec Hollande ?

Selon Marianne 2, l'initiative proviendrait d'Abderrahmane Dahmane, l'ancien conseiller "Diversité" de Nicolas Sarkozy qui avait claqué la porte du parti de la majorité en mars 2011.

Le site affirme que François Hollande aurait rencontré Abderrahmane Dahmane en mars et qu'une autre rencontre serait prévue pendant l'entre-deux-tours.

Contacté par France TV 2012, le maire du 18e arrondissement de Paris, Daniel Vaillant, qui a gardé des liens avec le président du Conseil des démocrates musulmans de France, n'a pas souhaité s'exprimer à ce sujet.

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