Cet article date de plus de huit ans.

Délinquance : "Le Figaro" constate une forte hausse, Valls parle de "tromperie"

Selon le quotidien, les chiffres de la délinquance sont en nette augmentation en France depuis un an. Mais le ministre de l'Intérieur conteste la validité des statistiques publiées par le journal.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls lors de l'inauguration du poste des polices municipale et nationale à Ris-Orangis (Essonne), le 6 septembre 2013. (FRED DUFOUR / AFP)

Des violences contre les personnes aux cambriolages, les chiffres de la délinquance sont en augmentation. C'est ce qu'affirme Le Figaro, mardi 10 septembre. Le quotidien cite un "nouveau tableau de bord de Manuel Valls". Mais le ministre de l'Intérieur n'est pas d'accord avec ces chiffres, et a immédiatement contesté la validité de ces statistiques.

"Le Figaro" relève une hausse de la délinquance

Selon le quotidien, le "baromètre Valls", "nouvel outil d'analyse" du ministère qu'il dit s'être procuré, révèle une hausse, d'août 2012, peu après l'arrivée de la gauche au pouvoir, à juillet 2013, des atteintes à l'intégrité physique (+2,9%) et aux biens (+3,5%). Les violences sexuelles (+10,4%) et les cambriolages (+9,3%) explosent particulièrement, d'après ces "nouveaux indicateurs d'activité des forces de l'ordre" cités par le journal. De la même manière, les infractions économiques et financières grimpent de 5,9%, affirme Le Figaro.

La "grande criminalité", qui comprend les règlements de comptes, les attentats à l'explosif contre des biens privés ou encore les vols à main armée contre des commerces, progresse de 5,2%, ajoute le journal.

En revanche, poursuit-il, les constats des infractions aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers baissent de 56,8% sur douze mois, passant de 79 445 à 34 267 en juillet.

Manuel Valls dénonce "un contresens complet"

"Une nouvelle fois, les éléments rapportés par Le Figaro (...) méconnaissent les avertissements et les règles méthodologiques rappelées par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP)", proteste le ministère de l'Intérieur dans un communiqué publié tôt mardi matin. 

Depuis l'arrivée de Manuel Valls à l'Intérieur, ces échanges sont récurrents. Le ministre a plusieurs fois contesté les chiffres publiés par Le Figaro, assurant vouloir réformer l'outil statistique.

Dénonçant une "tromperie inadmissible" et un "contresens complet", le ministère affirme qu'il est "désormais établi que les pratiques de 'nettoyage statistique' qui avaient cours jusqu'en 2012 sont de nature à fausser fortement la base de comparaison". "On ne peut que regretter la publication sélective, tronquée et biaisée d'éléments statistiques, qui ne rend pas service au débat public relatif aux questions de sécurité", insiste la place Beauvau.

"Le Figaro" persiste et signe

Dans un article publié à la mi-journée, le quotidien "maintient l'intégralité de ses informations". Et répond, point par point, aux reproches du ministère. Selon Le Figaro, c'est le ministre lui-même qui ne respecte pas les recommandations de l'ONDRP, en publiant des statistiques "tous services" (police et gendarmerie confondues).

Quant au "nettoyage statistique" souligné par Manuel Valls, Le Figaro affirme, chiffres à l'appui, que "l'actuel ministre pourrait se voir reprocher les mêmes pratiques".

Quelles sont les autres réactions ?

Dans une tribune publiée dans Le Figaro, l'ex-ministre UMP de l'Intérieur Brice Hortefeux juge que "c'est le signe que la France a ouvert les vannes de l'immigration".

Laurent Borredon, journaliste chargé des questions de sécurité au Monde, est beaucoup plus critique. Il décrypte ces chiffres sur son blog"Depuis novembre 2012, l'ONDRP a donc fait le choix de publier séparément les statistiques de la police et celles de la gendarmerie. Le Figaro a préféré les additionner", affirme-t-il. "On peut tout aussi bien conclure du dernier bulletin de l'ONDRP et de l'évolution des nouveaux indicateurs créés par Manuel Valls qu'en fait, tout va mieux, depuis mai 2012", juge-t-il.

Pour le criminologue Alain Bauer, la "polémique n'est pas nouvelle". Il évoque une "interprétation partisane" des chiffres de la délinquance. "On ne peut rien comparer sur 2012", ajoute-t-il. La gendarmerie "stocke de vieux chiffres qu'elle mouline et ressasse avec son nouveau logiciel. C'est sans fin".

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Politique

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.