La gaffe de Bricq sur la cuisine "dégueulasse" de l'Elysée prend de l'ampleur

Alors qu'une réunion a eu lieu à l'Elysée, la ministre du Commerce extérieur a présenté vendredi "ses plus plates excuses" au chef de l'Elysée, dont elle avait jugé "dégueulasse" la cuisine préparée en l'honneur du président chinois.

La ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, sort des bureaux du Premier ministre, à Paris, le 17 juin 2013.
La ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, sort des bureaux du Premier ministre, à Paris, le 17 juin 2013. (BERTRAND GUAY / AFP)

Au menu : une "gourmandise de foie gras truffé", suivie d'une "volaille landaise rôtie", accompagnée d'un "mœlleux de pommes de terre forestière" et d'"une viennoise de champignons", puis plateau de fromages et, en dessert, un "nuance chocolat et caramel, glace acidulée". Le tout arrosé de vins prestigieux : Château d'Yquem 1997, Château Lafite 1999 et champagne Deutz de 2005. Pour le dîner officiel donné à l'occasion de la visite du couple présidentiel chinois à l'Elysée, dans la soirée du mercredi 26 mars, le chef élyséen, Guillaume Gomez, avait mis les petits plats dans les grands et la gastronomie française à l'honneur, rapporte Le Scan du Figaro.

Pourtant, la ministre du Commerce extérieur n'a pas apprécié les mets proposés par ce meilleur ouvrier de France 2004. "A l'Elysée, c'était dégueulasse !" a lancé Nicole Bricq. Cette critique de la cuisine de la présidence a créé un incident gastronomique. Retour sur cette polémique en trois actes.

Acte 1 : la ministre gaffe sur le perron de Matignon

Jeudi 27 mars, au lendemain de son dîner à l'Elysée, Nicole Bricq fait remarquer au couple Ayrault, sur le perron de Matignon, que le déjeuner offert à Xi Jinping et à son épouse par le Premier ministre est bien meilleur. "J'ai dit à Brigitte que franchement, la maison Matignon, y a pas photo. A l'Elysée, c'était pas du tout… non, c'était dégueulasse. Il faut le dire, il faut le dire", murmure, sur le ton de la confidence, Nicole Bricq à Jean-Marc et Brigitte Ayrault, qui rentrent dans l'hôtel Matignon, amusés.

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Acte 2 : le chef de l'Elysée riposte sur Facebook

Malheureusement, les caméras de télévision ont tout enregistré. La bourde de Nicole Bricq est diffusée en boucle sur les chaînes d'information en continu et sur le web, dans un contexte de remaniement. Certains internautes s'indignent et apportent leur soutien au chef de l'Elysée, sur sa page Facebook.

Guillaume Gomez remercie ses soutiens vendredi matin, en défendant le travail de sa brigade. "Nous allons continuer à faire notre travail, avec la même passion et le même dévouement", écrit-il.

 

Acte 3 : la ministre s'excuse après une réunion à l'Elysée

L'affaire est prise très au sérieux à l'Elysée, rapporte BFMTV. A tel point qu'une réunion de crise est organisée vendredi matin entre la directrice de cabinet de François Hollande, Sylvie Hubac, et le chef de l'Elysée. L'entourage de Guillaume Gomez "s'inquiète", explique BFMTV. "Il s'agissait mercredi de son premier dîner d'Etat. Sa réputation est en jeu. Le chef aurait demandé les moyens de travailler dans de meilleures conditions", précise le site de la chaîne.

La ministre du Commerce extérieur appelle, vendredi matin, le chef de l'Elysée pour s'excuser, évoquant des "propos privés". "Elle lui a présenté ses plus plates excuses pour ses propos malvenus, à lui et à l'ensemble de la brigade de l'Elysée", indique la porte-parole de Nicole Bricq à l'agence Reuters, en ajoutant que le chef n'était "pas content". Celui-ci a d'ailleurs refusé ces excuses, selon BFMTV, car "des propos tenus sur le perron de Matignon ne pouvaient être considérés comme privés".