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Débat houleux entre Mélenchon et Le Pen : "Gorilles" contre "chochottes"

Nos confrères de France 3 Nord-Pas-de-Calais organisaient un débat — médiatiquement très attendu — entre les cinq candidats favoris de la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Sans surprise, il a été très animé.
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Radio France
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C'est presque un remake du débat raté avant la présidentielle, mais là l'échange a bien eu lieu. Dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais où se présentent Jean-Luc Mélenchon (FdG) et Marine Le Pen (FN), la gauche est donnée gagnante d'une courte tête. Sur le plateau sont aussi invités Jean Urbaniak (Modem, soutenu par l'UMP), Philippe Kemel (PS) et Marine Tondelier (EELV), mais le débat oppose principalement les deux anciens candidats à l'élection présidentielle.

Marine Le Pen accuse le patron du Parti de Gauche d'être "un parachuté" , l'ancien sénateur préfère rappeller que "nous sommes tous parachutés, il y a là des enfants de parachutistes, 92 nations sont représentées dans la circonscription. Comme Français, je suis chez moi partout".

La présidente du FN associe le Front de Gauche au Parti socialiste, elle indique que Jean-Luc Mélenchon a "été accueilli par des gens qui ont des responsabilités dans des affaires" . Son adversaire politique rétorque qu'il n'a "pas signé le programme socialiste, [qu'il] défendra son programme à l'Assemblée nationale" , tout en rappellant qu'il ne "voterait pas de motion de censure qui ferait tomber un gouvernement de gauche".

La bataille politique se livre aussi sur le terrain des symboles, et celui de la retraite à 60 ans, Jean-Luc Mélenchon rappelle à Marine Le Pen "que son père était contre la retraite à 60 ans et que c'est la gauche qui l'a acquise. Ça fait plaisir de vous voir maintenant mitterrandiste, Madame Le Pen" . L'ancienne conseillère municipale d'Hénin-Beaumont de répondre : "Vu son passé, certainement pas."

"Chochottes"  du FdG contre "gorilles" du FN

Marine Le Pen confirme que c'est bien son parti qui est à l'origine d'un faux tract du Front de Gauche. Sur ce tract vert et blanc, on pouvait lire "il n'y a pas d'avenir pour la France sans les Arabes et les Berbères du Maghreb" , suivi d'un appel à voter pour Jean-Luc Mélenchon rédigé en arabe. Elle commente :

"Les électeurs ont besoin de savoir que Monsieur Mélenchon est un immigrationniste fou. La phrase a été prononcée, Monsieur Mélenchon est pour la régularisation des clandestins. Les pleurnicheries de chochottes, je trouve ça pathétique."

Le candidat du Front de Gauche s'en amuse, avant de rappeler que des militants du Parti communiste avaient démasqué les militants frontistes qui les distribuaient :

"Vous avez fait un petit tract et vous vous êtes fait serrer, vous et vos gorilles qui les diffusez. On a le droit d'avoir un débat sur l'immigration, c'est une phobie de Marine Le Pen. Dans la circonscription, il y a moitié moins d'immigrés que dans le reste du pays et deux fois plus de chômage."

Le duel des fronts a bien eu lieu, mais pas jusqu'au premier sang. Les candidats PS et EELV déplorent que la campagne ait d'ailleurs toujours au combat "Front contre Front" .

Outre les deux anciens candidats à la présidentielle (et les trois autres présents en studio), il y a neuf autres candidats : Daniel Cucchiaro (écologiste), Murielle Richet (écologiste), Mohamed Bousnane (UDS), Séverine Duval (NPA), Pierre Rose (Objecteurs de croissance), Rachida Sahraoui (Parti radical valoisien), Michèle Dessenne (MPEP), Michel Vast (divers droite) et Nathalie Hubert (LO).

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