Contre la Concorde et Vincennes, Marine Le Pen affiche "ses invisibles"

Dimanche 15 avril, Marine Le Pen a tenu une réunion publique dans son fief d'Hénin-Beaumont. Rebaptisé en "parlement des invisibles", la candidate achève son marathon électoral et joue la contre-programmation par rapport à La Concorde et Vincennes.

Marine Le Pen dans la dernière ligne droite
Marine Le Pen dans la dernière ligne droite (VALERY HACHE / AFP)

Dimanche 15 avril, Marine Le Pen a tenu une réunion publique dans son fief d'Hénin-Beaumont. Rebaptisé en "parlement des invisibles", la candidate achève son marathon électoral et joue la contre-programmation par rapport à La Concorde et Vincennes.

C'est le dernier rendez-vous dominical de Marine Le Pen de cette campagne présidentielle. Et elle a choisi de le faire chez elle, dans sa terre électorale d'Hénin Beaumont devant une majorité de sympathisants du Nord-Pas-de-Calais. Il lui restera un dernier meeting mardi soir, au Zénith de Paris.

A domicile

"C'est bien qu'elle le fasse chez elle. Elle a donné beaucoup d'énergie pendant la campagne. Ca va la revigorer pour le dernière ligne droite", explique un habitant.

Elle lui répond, en écho, dans ses premiers mots à la tribune. "A ce moment de la campagne, j'avais besoin d'être ici. Et ça me fait du bien d'être avec vous", déclare Mme Le Pen.

La tenue de cette réunion a fait débat au sein de l'équipe de campagne. Certains estimaient qu'elle paraitraît "palichonne" par rapport aux meetings géants de la Concorde et de Vincennes. "Cela n'a rien à voir", balaye Bruno Bildé, chef de cabinet de Mme Le Pen .

Un anti Concorde et Vincennes

Et dès ces premiers mots, elle tient à marquer sa différence avec les réunions publiques parisiennes " organisées à coup de millions et de bus affrétés".

"Ici ce n'est pas le spectacle indécent pour des caméras de télévision, avec des stars et des anciens ministres mais ce sont la vraie vie et les vrais gens", assène la candidate du FN.

Mme Le Pen prend des accents mélenchoniens pour s'adresser à la salle archi-comble d'environ deux mille personnes. "Ne baissez jamais la tête, ne courbez jamais l'échine. Invisibles, reprenez le pouvoir. Je suis là pour vous", affirme Mme Le Pen, très applaudie.

Elle joue donc la contre-programmation car ce meeting est conçu comme "un parlement des invisibles".

Symboliquement dans la salle polyvalente François Mitterrand, des sièges ont été disposés du même nombre que celui des sénateurs et députés français. Les internautes, cette semaine pouvaient adresser directement leur questions à Mme Le Pen.

Sur les 8000 reçues selon le FN, une douzaine ont été sélectionnées afin "de donner une voix à ceux qui n'en ont plus". De façon classique, la présidente du FN déroule son programme en y répondant.

Objectif législatives

Le second reproche des opposants internes à cette réunion était de dire que Mme Le Pen lançait la campagne des législatives dans la circonscription où elle sera candidate au mois de juin, au risque de réléguer au second plan la campagne présidentielle.

"Bienvenue dans le coeur nucléaire de la mafia socialiste", entame en préambule Steeve Briois, fidèle lieutenant de la candidate dans la ville en brandissant une paire de menottes.

Face à une gauche locale très divisée sur fond d'affaires, Mme Le Pen a des chances réelles d'être élue et de sièger au palais Bourbon. Alors question piège aux militants : "si vous deviez choisir entre une présence au second tour de la présidentielle ou une élection à l'Assemblée, que prenez-vous ?"

La plupart répondent une qualification au second tour. "Avoir d'autres postes c'est pas mal mais l'idéal reste la présidentielle", confie une militante venue de Picardie. Même réponse pour des habitants d'Hénin Beaumont.

Pourra-t-elle être pénalisée par sa campagne présidentielle qui l'a éloigné du local ? "Elle reste dans tous les coeurs, même si elle n'a pas fait de terrain", explique un habitant de la ville.

Une fois les 500 signatures obtenues, elle a néanmois tenu à faire une déclaration officielle de candidature à Hénin-Beaumont, liant son destin aux deux scrutins de 2012.

"Une présence au second tour est plus importante, mais je ne suis pas contre un menu fromage et dessert", plaisante M. Bildé.

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