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Congrès des maires de France : André Laignel (PS) dénonce "une interférence" du chef de l'Etat

Nicolas Sarkozy a convié à l’Élysée les instances dirigeantes de l'Association des maires de France (AMF) qui se réunit en congrès fin novembre à Paris. Candidat au poste de président, André Laignel (PS) y voit une manœuvre. Il n'ira pas à l’Élysée.
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France Télévisions Rédaction Afrique
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L'ancien Premier ministre PS Laurent Fabius et le maire PS d'Issoudun et secrétaire général de l'AMF, André Laignel, en 2009. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Nicolas Sarkozy a convié à l'Élysée les instances dirigeantes de l'Association des maires de France (AMF) qui se réunit en congrès fin novembre à Paris. Candidat au poste de président, André Laignel (PS) y voit une manœuvre. Il n'ira pas à l'Élysée.

L'ancien ministre socialiste et secrétaire général de l'AMF, André Laignel, ne se rendra pas l'Elysée, mercredi 23 novembre, à l'invitation de Nicolas Sarkozy. A l'occasion du congrès de l'AMF (21 au 24 novembre), le chef de l'Etat a convié les instances dirigeantes de l'association. Le rendez-vous tombe au moment du second tour de l'élection du président de l'AM, ce que dénonce M. Laignel.

Candidat à ce poste, déténu actuellement par Jacques Pélissard, député (UMP) et maire de Lons-le-Saulnier (Jura), M. Laignel, député (PS) et maire d'Issoudun (Indre), espère bien qu'il y aura ballotage. D'où son irritation.

Cette invitation présidentielle constitute, selon lui, "une interférence grave dans le processus électoral, une pression et une manoeuvre, totalement inacceptables, qui sont de nature à entacher la régularité du vote". Il a appelé les maires à "ne pas se rendre à cette convocation" et à "refuser cette intrusion dans [leur] processus démocratique".

Selon le programme du congrès diffusé par l'AMF, le second tour de l'élection se déroulera bien le mercredi 23 novembre, dans l'après-midi, mais également le jeudi matin.

M. Pelissard : "M. Laignel ne représente pas l'AMF"

Son concurrent à cette élection, le président sortant de l'AMF, M. Pélissard a rétorqué : "M. Laignel ne représente pas l'AMF et ses propos n'engagent que lui". "L'invitation du président de la République est une réception républicaine et tous les élus des instances de l'AMF comme des instances départementales sont invités", a-t-il ajouté. "C'est une marque de considération vis-à-vis des élus qui se consacrent avec dévouement et détermination au service de la collectivité", a jugé M. Pélissard.

Pour le président sortant, au contraire, "les procédures électorales de l'AMF ne sont en rien concernées par cette réception, les maires sont totalement libres de leur choix et en douter serait ne pas leur faire confiance". D'ailleurs, a-t-il relevé, le maire de Paris et le président du Sénat reçoivent également les maires à l'occasion du congrès et "personne ne s'en offusque".

L'AMF, puissant relais politique

Selon M. Laignel , le chef de l'Etat, "sans doute inquiet de l'accueil qui aurait pu lui être réservé par les élus participant au congrès de l'AMF, a choisi d'inviter un certain nombre de maires à l'Elysée, comme en 2009, année où il s'était déjà dérobé". Cette année-là, le président avait invité 700 maires à l'Elysée plutôt que de se rendre à leur congrès, en raison d'un "problème de calendrier". En revanche, M. Sarkozy y était allé en 2010. Cette année, le 94e congrès sera ouvert par le Premier ministre François Fillon et le chef de l'Etat ne s'y rendra pas.

Le président de l'AMF - l'association regroupe près de 36 000 maires et présidents de communautés - est élu pour trois ans dans le cadre d'un scrutin majoritaire à deux tours. Chaque maire a une voix. L'AMF, administrée par un bureau de 36 membres, 18 de droite et 18 de gauche, est devenue au fil du temps un puissant relais d'opinion et un enjeu politique.

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