Affaire des primes en liquide : l'ex-ministre de l'Intérieur Claude Guéant en garde à vue

Il est entendu par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales à Nanterre. L'ancien directeur général de la police nationale, Michel Gaudin, est aussi en garde à vue.

L\'ancien ministre de l\'Intérieur Claude Guéant à Paris, le 10 avril 2013.
L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant à Paris, le 10 avril 2013. (MIGUEL MEDINA / AFP)

L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant et l'ancien directeur général de la police nationale Michel Gaudin sont en garde à vue, mardi 17 décembre. Les deux hommes sont entendus à Nanterre (Hauts-de-Seine) dans le cadre d'une enquête pour détournement de fonds publics.

D'après Europe 1, Claude Guéant a été convoqué à 8 heures au siège de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Il est entendu par les enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales dans le cadre de l'affaire des primes en liquide.

L'Inspection générale de l'administration (IGA) et l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la "police des polices") ont conclu, en juin, que 10 000 euros par mois, "en provenance des frais d'enquête et de surveillance", ont été "remis au directeur du cabinet du ministre" de l'Intérieur entre mai 2002 et l'été 2004. En l'occurrence Claude Guéant, directeur de cabinet de ce ministère à l'époque dirigé par Nicolas Sarkozy. 

Les primes de cabinet supprimées en 2002

L'affaire a débuté par une perquisition menée chez Claude Guéant dans le cadre d'une autre enquête : celle sur le présumé financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Selon le Canard enchaîné, les enquêteurs découvrent alors au domicile de l'ancien ministre des traces de paiements en liquide de factures.  

Pour sa défense, l'ex-ministre de l'Intérieur affirme que cet argent correspond à des "primes de cabinet". Or, ces primes ont été supprimées le 1er janvier 2002 par Lionel Jospin. Désormais qualifiées d'"indemnités pour sujétion particulière", elles sont intégrées à la rémunération normale des conseillers ministériels, expliquait alors Le Monde.fr.