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Claude Guéant est mis en cause par Mediapart le présentant comme l'un des "pivots des deals financiers" avec la Libye

Selon un article de Mediapart publié le 28 juillet, le ministre de l'Intérieur aurait été un acteur important des relations franco-libyennes entre 2005 et 2007.Documents à l'appui, le site montre les liens étroits entre l'ex-secrétaire général de l'Elysée, ancien directeur de cabinet de M. Sarkozy lorsqu'il était place Beauvau, et Ziad Tiakkedine.
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Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, le 3 mars 2011, à Paris. (AFP)

Selon un article de Mediapart publié le 28 juillet, le ministre de l'Intérieur aurait été un acteur important des relations franco-libyennes entre 2005 et 2007.

Documents à l'appui, le site montre les liens étroits entre l'ex-secrétaire général de l'Elysée, ancien directeur de cabinet de M. Sarkozy lorsqu'il était place Beauvau, et Ziad Tiakkedine.

Ziad Tiakkedine est un homme d'affaires, intermédiaire franco-libanais en vente d'armes et suspect dans le volet financier de l'affaire Karachi.

Selon les journalistes de Mediapart, Fabrice Arfi et Karl Laske, "Ziad Takieddine a obtenu en avril 2007, en pleine campagne présidentielle, des commissions occultes sur un marché de livraisons de matériel de guerre électronique vendu [...] à la Libye". A l'origine de ce rapprochement entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi : Claude Guéant, affirment les journalistes.

Intermédiaire privilégié de l'Elysée en 2005
Ziad Takieddine "aurait promis 'un contrôle total' sur les futurs marchés signés en Libye, selon Mediapart qui raconte que ses relations avec Claude Guéant ont débuté en 2003, lors du projet de vente avorté du système de surveillance des frontières de l'Arabie Saoudite ; une affaire dont Ziad Tiakkedine était l'intermédiaire.

L'homme d'affaires organise en 2005 les visites à Tripoli de Claude Guéant, de Nicolas Sarkozy et de Brice Hortefeux. Finalement, toujours selon le site d'investigation, il devient l'intermédiaire privilégié de l'Elysée à la fin de l'été 2005.

Puis, les échanges entre Claude Guéant et Ziad Tiakkedine seraient devenus directs et "formels", écrivent les journalistes, photocopie d'enveloppe à l'appui. "Ziad Takieddine donne des conseils mais organise aussi des rencontres officielles entre Nicolas Sarkozy et ses homologues libyens dont les objets officieux concernent des contrats d'armement", écrit de son côté le site du Nouvel Observateur.

En 2007, c'est la libération des infirmières bulgares en échange de contreparties, affirme Mediapart. Un deal démenti par Claude Guéant devant la Commission d'enquête parlementaire sur les conditions de libérations des infirmières bulgares.

En mars, Tiakkedine de retour de Tripoli avec 1,5 million d'euros
Plus récemment, début mars dans un avion au Bourget avec 1,5 million d'euros. Il avait dit s'être rendu là-bas "pour affaires". Dans l'avion, se trouvaient également deux journalistes du JDD qui s'étaient rendus en Libye pour interviewer Mouammar Kadhafi. L'avion en question aurait été affrété par Tripoli, selon L'Express.fr.

Une enquête préliminaire, portant sur des "manquements aux obligations déclaratives" et une "suspicion de blanchiment", a été ouverte, avait indiqué le parquet.

Le Nouvel Observateur indiquait mi-juillet que Brice Hortefeux, ancien ministre de l'Intérieur, serait bientôt entendu par la police afin de l'interroger sur ses relations avec Ziad Tiakkedine. Il serait également entendu par la police quant aux 20 millions de francs en espèce utilisés pour la campagne d'Edouard Balladur en 1995, rapportait l'hebdomadaire.

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