Ce que pense Mélenchon des 100 jours de Hollande

Absent depuis les législatives, le candidat du Front de gauche tire à boulets rouges sur le président socialiste dans un entretien au JDD.

Jean-Luc Mélenchon, en conférence de presse à Paris, le 25 juin 2012.
Jean-Luc Mélenchon, en conférence de presse à Paris, le 25 juin 2012. (THOMAS SAMSON / AFP)

POLITIQUE - Il est de retour après un long silence. Jean-Luc Mélenchon dresse un violent réquisitoire contre les cent premiers jours de François Hollande, dans une interview au Journal du dimanche, le 19 août. Cent jours "presque pour rien", lance l'ancien candidat à la présidentielle. Lui a passé une bonne partie de ce début de mandat au Venezuela pour se "reconstituer", dit-il. Pour lui le président Hugo Chavez est "une source d'inspiration", qu'il "assume totalement".

"Quand je regarde le creux des cent jours et la multiplication des commissions, j'en conclus que nous étions mieux préparés que les socialistes à exercer le pouvoir", se moque Jean-Luc Mélenchon.

Être "normal" ne suffit pas

Selon l'ex-candidat du Front de gauche, "Hollande a désamorcé le contenu insurrectionnel du vote de la présidentielle. Il l'a dilué dans les sables des plages du Var. Comme si l'élection s'était résumée à une question de personnes: un normal à la place d'un agité et tout serait dit". Et d'ajouter :"Ce n'est pas parce que François Hollande veut être normal que la situation va le devenir."

"Capitulation" sur la finance

Pour Mélenchon, il y a eu "capitulation" du chef de l'Etat lors de la négociation du volet croissance, en juin, du traité européen budgétaire : "Hollande est un social-libéral comme ceux qui ont déjà conduit aux désastres grec, espagnol et portugais", affirme-t-il.

Il considère que le gouvernement a commis une "faute" lors de la session parlemantaire de juillet. "Pourquoi ne pas avoir passé la loi sur les licenciements boursiers ? (...) Et la loi bancaire ? Il fallait marquer un rapport de force avec la finance (...) ! Il faut faire le boulot maintenant ! L'atermoiement continu laisse les mains libres à la finance !", estime-t-il.

Le traitement des camps roms "pas acceptable"

"Quelle est la différence entre un baraquement cassé sur ordre d'un ministre de droite et un baraquement cassé sur ordre d'un ministre de gauche ?", interroge Mélenchon qui réclame "l'ouverture de l'accès au marché du travail" plutôt que "la répression".  "Valls fait du Valls. Mais c'est Hollande le patron, non ?"