Catherine Deneuve a "démenti formellement" avoir critiqué Carla Bruni-Sarkozy pour son soutien à l'Iranienne Sakineh

"Mme Catherine Deneuve dément formellement les propos qui lui sont prêtés" et "affirme son respect pour la personne et l'engagement de Mme Carla Bruni-Sarkozy", dit un communiqué publié par l'agent de l'actrice.On a appris mercredi que la condamnation à mort de Sakineh pour adultère et complicité de meurtre a été suspendue par la justice iranienne.

Catherine Deneuve présentant le film \"Potiche\" de François Ozon à la Mostra de Venise (4 septembre 2010)
Catherine Deneuve présentant le film "Potiche" de François Ozon à la Mostra de Venise (4 septembre 2010) (AFP/ALBERTO PIZZOLI)

"Mme Catherine Deneuve dément formellement les propos qui lui sont prêtés" et "affirme son respect pour la personne et l'engagement de Mme Carla Bruni-Sarkozy", dit un communiqué publié par l'agent de l'actrice.

On a appris mercredi que la condamnation à mort de Sakineh pour adultère et complicité de meurtre a été suspendue par la justice iranienne.

Selon les quotidiens italiens Corriere della Serra et Il Giornale, en marge de la Mostra de Venise, où elle était venue présenter "Potiche" (de François Ozon), la blonde actrice de 66 ans a critiqué le soutien de l'épouse du président de la République à l'Iranienne Sakineh.

Dans leurs colonnes, on peut lire que Catherine Deneuve a estimé que l'épouse du président de la République aurait "mieux fait de se taire", "étant donné son passé" : "avec ce qu'elle a vécu", "Carla Bruni aurait dû faire attention".

"Ces propos d'une rare stupidité sont totalement contraires au fond de sa pensée",
ajoute le communiqué de l'agent de Catherine Deneuve.

Repris par la presse internationale, ces propos ont entraîné une vive réaction de la revue "La Règle du jeu", dirigée par Bernard-Henri Lévy, à l'origine de la pétition contre "la lapidation" de Sakineh.

La Règle du jeu "hésite entre la stupeur et la révolte"
"Face à de telles déclarations, on hésite entre la stupeur (Catherine Deneuve n"a-t-elle pas un vrai passé d"engagement féministe? ne fut-elle pas l"une des courageuses femmes signant, en 1971, le Manifeste des 343 Salopes?) et la révolte (n"est-il pas choquant, au lieu de s"en prendre à la presse iranienne et aux bourreaux de Sakineh, d"insulter l"une des premières à avoir pris parti pour cette dernière?)..." écrit la revue.

Et d'ajouter : "Comme l"a dit notre directeur, Bernard-Henri Lévy, hier, 6 septembre, à la représentante de l"agence italienne Ansa qui l"interrogeait en marge de la conférence de presse sur la situation et le sort de Sakineh: “ces propos sont si bêtes, et si étrangement irresponsables, qu"on a peine à imaginer qu"ils aient été effectivement tenus par une personne de la qualité de Catherine Deneuve; on attend donc, on espère, qu"elle les démente sans tarder”." Voilà qui est fait.

"Sachez que mon mari plaidera votre cause sans relâche"
Dans une lettre ouverte publiée le 23 août, Carla Bruni-Sarkozy a affirmé que "la France n'abandonnera pas" Mme Sakineh Mohammadi-Ashtiani, mère de famille de 43 ans condamnée à mort par lapidation dans une affaire mêlant, selon la justice iranienne, des adultères et le meurtre de son mari.

"Du fond de votre cellule, sachez que mon mari plaidera votre cause sans relâche et que la France ne vous abandonnera pas", assurait-elle.

A la suite de ces propos, Kayhan, quotidien iranien ultra-conservateur coutumier de propos insultants et outranciers à l'égard de responsables iraniens ou étrangers, a assimilé Carla Bruni à une "prostituée" en raison de sa vie privée jugée "immorale".

La sentence de mort contre Sakineh est "suspendue"
Mercredi, les autorités iraniennes ont annoncé avoir suspendu la sentence de mort par lapidation rendue contre Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée à mort pour double adultère et complicité de meurtre de son mari.

"Le verdict concernant ces affaires (de relations) extramaritales a été suspendu et il est en cours de réexamen", a déclaré selon Reuters le porte-parole du ministère, Ramin Mehmanparast, à la chaîne publique de télévision en langue anglaise Press TV. Il a ajouté que les accusations "étaient en cours d'examen afin que le verdict définitif soit rendu".

A aucun moment de l'interview, en farsi et traduite en anglais, le porte-parole n'a parlé de "lapidation", faisant toujours simplement référence à la "peine capitale". Des médias iraniens ont laissé entendre que l'exécution ne se ferait pas par lapidation mais par pendaison.

Par ailleurs, un responsable de la justice iranienne a démenti les informations selon lesquelles Sakineh Mohammadi-Ashtiani avait été récemment fouettée, a rapporté mercredi l'agence Fars.