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Sondages de l'Elysée, Karachi, Kadhafi : les autres affaires qui menacent Sarkozy

L'ancien chef de l'Etat bénéficie d'un non-lieu dans le cadre de l'affaire Bettencourt, mais d'autres dossiers pèsent sur lui.

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Le président sortant, Nicolas Sarkozy, participe aux célébrations du 67e anniversaire de l'Armistice de 1945, le 8 mai 2012 à Paris. (PHILIPPE WOJAZER / AFP)

Pour Nicolas Sarkozy, c'est un obstacle en moins dans le cheminement qui pourrait le ramener sur le devant de la scène politique. L'ancien chef de l'Etat a été mis hors de cause dans l'affaire Bettencourt, lundi 7 octobre. Un dossier dans lequel il était mis en examen depuis mars. Son nom reste néanmoins cité dans d'autres grosses affaires. Francetv info vous explique lesquelles.

L'affaire Kadhafi et le financement de la campagne 2007

Des accusations sur un financement libyen de sa campagne de 2007, lancées en 2011 par le fils du colonel Kadhafi, Saïf Al-Islam, continuent de peser sur Nicolas Sarkozy. Le site Mediapart a publié un document controversé, attribué à un ex-homme de confiance de Kadhafi, faisant état d'un "accord de principe" conclu en 2006 et portant sur 50 millions d'euros. Nicolas Sarkozy a parlé d'"infamie" et porté plainte pour faux et publication de fausses nouvelles contre le site d'informations. Lequel a riposté en déposant une plainte en dénonciation calomnieuse contre le président sortant.

L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine a lui aussi affirmé, en décembre 2012, détenir des preuves d'un financement par la Libye de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, sans toutefois les fournir. Son domicile a été perquisitionné en avril. Ce fut également le cas, en février, du domicile et du cabinet de Claude Guéant. Pour l'instant, l'information judiciaire suit son cours.

L'affaire Karachi et le financement de la campagne 1995

Dans l'affaire Karachi, les juges enquêtent sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, par le biais de rétrocommissions présumées versées dans le cadre de contrats d'armement, mises en lumière dans l'enquête sur l'attentat de Karachi (Pakistan), perpétré le 8 mai 2002.

"Ça fait bientôt dix-sept ans. Est-ce que vous imaginez que s'il y avait quoi que ce soit à reprocher à M. Balladur, on ne l'aurait pas trouvé ?", balaie Nicolas Sarkozy en octobre 2011. Lors de cette campagne présidentielle, il était à la fois ministre du Budget et porte-parole d'Edouard Balladur. Deux amis proches du chef de l'Etat, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, sont mis en examen dans cette affaire.

En février 1995, le Premier ministre Edouard Balladur et son ministre du Budget, Nicolas Sarkozy, quittent le palais de l'Elysée. (GERARD FOUET / AFP)

Les juges Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke ont obtenu l'élargissement de leur enquête à de possibles faits de blanchiment aggravé de 1993 à mars 2012, ce qui a conduit à une mise en examen, le 24 avril 2012, de l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine. Celui-ci a revendiqué, le 15 septembre, avoir "joué un rôle de facilitateur dans la conclusion", en 1994, d'un contrat de vente de sous-marins au Pakistan.

En septembre 2011, l'Elysée affirmait par ailleurs que dans "l'affaire dite de Karachi, le nom du chef de l'État n'apparaît dans aucun des éléments du dossier", laissant supposer qu'il avait pu avoir connaissance de pièces couvertes par le secret de l'instruction. De quoi outrer les familles de victimes de l'attentat. Dans ce volet, Nicolas Sarkozy est visé, depuis début octobre, par une enquête pour violation du secret de l'instruction.

L'affaire Tapie

Trois juges d’instruction enquêtent également sur la décision, prise fin 2007 par l’ancienne ministre de l’Economie Christine Lagarde de recourir à un arbitrage pour solder le contentieux opposant, depuis 1993, Bernard Tapie au Crédit lyonnais sur la vente d’Adidas.

Selon L'Express, Nicolas Sarkozy a rencontré au moins six fois Bernard Tapie en 2007, avant son élection à la présidence, et à douze reprises, une fois installé à l’Elysée, entre le 15 juin 2007 et le 21 novembre 2010. Parmi ces rendez-vous inscrits noir sur blanc sur l'agenda de l'ancien chef de l'Etat, celui du 17 novembre 2007 à 17 heures intrigue : il intervient le lendemain de l'accord entre l'Etat et Bernard Tapie sur le recours à ce tribunal arbitral, qui a finalement donné raison à Bernard Tapie et condamné l'Etat à lui verser 400 millions d'euros.

Une enquête de la Cour de justice de la République vise Christine Lagarde, dont le domicile a été perquisitionné. Les juges ont également perquisitionné le domicile de Claude Guéant, ce qui suggère leur intérêt pour le rôle éventuel joué par l'ancien secrétaire général de l'Elysée dans la décision de recourir à cet arbitrage. "L'Elysée était bien sûr au courant", selon Claude Guéant.

L'affaire des sondages de l'Elysée

En juin 2007, la présidence de la République passe un contrat pour la réalisation de sondages avec le cabinet d'études Publifact, dirigé par Patrick Buisson, un proche de Nicolas Sarkozy. L'accord prévoit un versement annuel de 1,5 million d'euros, plus 10 000 euros de rémunération mensuelle. Une convention jugée irrégulière par la Cour des comptes en 2009, car passée sans appel d'offres, une procédure obligatoire pour de telles sommes. 

L'association Anticor a donc porté plainte en février 2010 pour délit de favoritisme, un délit passible de deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. Depuis début 2013, un juge enquête sur la régularité de ces contrats. Et le bureau et le domicile parisien de Patrick Buisson ont été perquisitionnés début avril.

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