Rodéos sauvages : la loi qui prévoit deux ans de prison et 30 000 euros d'amende doit être “parfaitement appliquée”, estime la députée Natalia Pouzyreff

Selon l'élue LREM des Yvelines, chargée d'élaborer un plan anti-rodéos, les policiers "hésitent parfois à poursuivre" les motards et à confisquer les véhicules, "alors qu'ils en ont le droit".

La députée LREM des Yvelines, Natalia Pouzyreff.
La députée LREM des Yvelines, Natalia Pouzyreff. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

L'accident de Vaux-en-velin,  jeudi 25 juin, durant lequel un enfant de cinq ans a été grièvement blessé par une moto, a relancé le débat sur les rodéos sauvages. Certains riverains dénoncent une forme d'impunité des motards et d'abandon de leurs quartiers par les pouvoirs publics. Natalia Pouzyreff, députée LREM des Yvelines est chargée avec une autre députée d'élaborer un plan anti-rodéos. “Il faut que l'esprit de la loi” de 2018 qui punit les rodéos sauvages de deux ans de prison et 30 000 euros d'amende “soit parfaitement appliquée tout au long de la chaîne pénale”, a-t-elle estimé vendredi 26 juin sur franceinfo. Natalia Pouzyreff pense qu'il faut aussi renforcer la prévention et le renseignement en amont.

franceinfo : La loi de 2018 prévoit un délit passible de deux ans de prison ferme et de 30 000 d'amende pour les rodéos urbains. Mais visiblement, c'est insuffisant. Que faut-il faire ?

Natalia Pouzyreff : Cette loi de 2018 est assez sévère au niveau des sanctions, elles sont dissuasives. Mais il faut que l'esprit de la loi soit parfaitement appliqué tout au long de la chaîne pénale. Et c'est peut-être là que nous devons porter notre effort, et dans l'articulation entre la police et le parquet. Ca c'est un premier axe. Autre axe : il y a peut-être une faiblesse au niveau de la confiscation, qu'il faut rendre plus exécutoire, plus systématique.

Dans la loi, il est bien prévu que la confiscation soit faite, même si le conducteur n'est pas le propriétaire du véhicule.Nathalia Pouzyreff, députée LREM des Yvelinesà franceinfo

Mais il y a encore quelques failles, et effectivement, des juges hésitent à prononcer la confiscation obligatoire. Ensuite, je pense qu'il y a toute une série de mesures qu'il faut que nous travaillions. Cela va de la prévention, mais également au renforcement du renseignement. Un renseignement qui doit être partagé entre les polices municipales, la police nationale, la gendarmerie aussi, les municipalités, les travailleurs sociaux, les bailleurs sociaux, les gardiens d'immeuble pour qu'on arrive à se prémunir de tels phénomènes en allant chercher les motos dans les caves, mais aussi renforcer certainement la surveillance par moyens vidéo et celle sur les réseaux sociaux.

Est-ce qu'on peut aussi, peut-être, impliquer d'autres acteurs que les forces de l'ordre, comme les familles, les associations ?

C'est exactement ça. L'idée de ce plan global est de mettre en lien tous les acteurs concernés, y compris les associations et les familles, pour pouvoir voir ce qu'il convient de faire pour mieux identifier les problèmes, les jeunes qui commettent potentiellement de tels actes, mais je crois qu'il faut aussi renforcer le pouvoir d'interpellation des forces de l'ordre.

Comment faire ?

Les policiers hésitent parfois, parce que leur responsabilité juridique est engagée, à poursuivre alors qu'ils en ont le droit.

En France, on ne peut pas, contrairement aux pays anglo-saxons, tamponner le véhicule. Les policiers craignent parfois de choquer toute une communauté qui se dresse contre eux.Natalia Pouzyreffà franceinfo

Et on l'a vu encore avec des émeutes qui se sont engagées après l'accident d'un jeune qui faisait un rodéo à moto, qui est tombé tout seul. Donc, c'est pour ça que je pense que tous ensemble, il faut que l'on réfléchisse aussi aux moyens de prévenir de tels agissements.