Chanteloup-les-Vignes : Édouard Philippe compare le terme "imbéciles" à "racailles" et "sauvageons" lors des questions d'actualité au Sénat

Le Premier ministre est revenu sur les violences urbaines de Chanteloup-les-Vignes lors des questions au gouvernement du Sénat. Christophe Castaner a quant à lui assuré de la protection des forces de l'ordre après les menaces reçues par des sénateurs ayant voté l’interdiction du voile pour les sorties scolaires.   

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Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, la sénatrice LR des Yvelines, Marta de Cidrac est bien évidemment revenue sur les violences urbaines et l’incendie volontaire de l’école du cirque de la ville de Chanteloup-les-Vignes, ce week-end.

La sénatrice a reproché au Premier ministre d’avoir "relativisé ce qui s’est passé en qualifiant les agresseurs d’imbéciles".

"Je me permets de vous faire remarquer Mme la sénatrice, que le président du conseil départemental des Yvelines (le LR, Pierre Bédier NDLR), que vous connaissez et que vous respectez comme moi, a utilisé le terme de crétins" a d’abord réponduÉdouard Philipe avant de poursuivre. "Je ne sais pas si ce terme est plus léger, plus infamant, plus responsable, plus dur que : petites bandes d’imbéciles. Je ne sais pas si les termes racailles et sauvageons qui ontété utilisés…" a-t-il également comparé, en référence à Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Chevènement, sans finir sa phrase en entendant quelques protestations dans l’hémicycle.

Mettant de côté ces questions sur le champ lexical utilisé par les responsables politiques lors de violences urbaines, Édouard Philippe a assuré que son gouvernement "attaquait le problème de toutes les façons possibles", citant "le doublement du budget de l’ANRU (agence nationale pour la rénovation urbaine), l’augmentation des effectifs de la police nationale (10000 sur l’ensemble du quinquennat), le dédoublement des classes de CP".

Enfin, Édouard Philippe considère que la politique menée par l’exécutif "perturbe les trafics de stupéfiants à Chanteloup-les-Vignes comme dans d’autres villes"."Lorsqu’on perturbe ces trafics, que l’on vient briser des habitudes criminelles et bien ça se voit. Ça crée forcément des turbulences et nous devons les affronter. Nous ne devons pas nous horrifier de ces turbulences, elles sont la conséquence d’une action résolue" a-t-il assuré.

Sénateurs menacés : Christophe Castaner a saisi Pharos et fait un signalement au procureur

Répondant à une question de la sénatrice (LR) des Bouches-du-Rhône Anne-Marie Bertrand, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner est revenu sur les mesures adoptées après la publication de posts sur les réseaux sociaux appelant à "afficher au mur de la honte" les sénateurs ayant adopté le texte sur l’interdiction du voile pour les accompagnatrices durant les sorties scolaires.

Alors que la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio, l’auteure de cette proposition de loi a, de son côté porté plainte, Christophe Castaner a expliqué avoir fait "la saisine de la plateforme Pharos" (plateforme de signalement de contenus illicites sur Internet) ainsi qu’"un signalement au procureur".

Le ministre a parlé d’"actes d’intimidation totalement inacceptables".

Il a ensuite rappelé les chiffres concernant les "actes de violence ou de malveillance à l’égard d’élus ou de parlementaires" : 244 au 1er septembre 2019. Il a assuré aux sénateurs présents dans l’hémicycle que les parlementaires avaient l’assurance d’être protégés : "Nous vous devons (…) la protection de la police ou de la gendarmerie chaque fois que c’est nécessaire. Et des poursuites."

QAG Sénat 06/11
QAG Sénat 06/11 (Public Sénat)