Aubry multiplie les ouvertures vers Montebourg qui se dit capable de "faire des choix"

Tout en affirmant son indépendance, Martine Aubry a multiplié mardi matin les signes d'ouverture vers l'électorat d'Arnaud Montebourg, arrivé en 3e position au 1er tour de la primaire

Martine Aubry, candidate à la primaire de gauche.
Martine Aubry, candidate à la primaire de gauche. (France 2)

Tout en affirmant son indépendance, Martine Aubry a multiplié mardi matin les signes d'ouverture vers l'électorat d'Arnaud Montebourg, arrivé en 3e position au 1er tour de la primaire

"Je ne changerai" pas pour satisfaire aux exigences d'Arnaud Montebourg, arbitre du duel de la primaire d'investiture socialiste, a déclaré mardi Martine Aubry sur France 2 qui souligne toutefois partager plusieurs des thèmes de campagne du chantre de la démondialisation.

"Je ne défends que ce à quoi je crois, et donc je ne changerai pas, a-t-elle prévenu. Mais la maire de Lille a ensuite décliné les sujets - banques, Europe, République nouvelle - sur lesquels elle affirme être en parfaite concordance avec Arnaud Montebourg. "Je dis depuis 2008 qu'il faut mettre au pied les banques", a-t-elle rappelé, alors que l'élu de Saône-et-Loire prône une mise sous tutelle des banques.

D'accord avec Montebourg sur les banques
"Je crois qu'il a raison de dire qu'il faut que les banques 'retrouvent leur boulot', c'est-à-dire agir pour l'emploi et pour aider les particuliers. Je suis d'accord là dessus et j'ai fait des propositions", a dit Martine Aubry. Quant à la "VIe République" dont Arnaud Montebourg souhaite l'avènement, elle a redit son projet d'une "grande réforme
constitutionnelle". "Nous avons besoin de retrouver la morale, nous avons besoin dans un climat d'affaires épouvantable de changer, y compris les règles de fonctionnement de la présidence", a-t-elle souligné.

Le protectionnisme qu'appelle de ses voeux Arnaud Montebourg? "Je n'aime pas ce mot. Si on ferme les frontières, la moitié des Français qui travaillent pour l'exportation, leurs produits ne sortiront plus", a plaidé Martine Aubry. "En revanche, j'ai inscrit dans les textes (...) le juste échange". "Ni libre échange, ni protectionnisme. Il faut en effet protéger nos entreprises contre des délocalisations qui sont inacceptables (...) et en même temps, empêcher qu'on nous fasse concurrence sur de mauvaises bases", a-t-elle expliqué. "Arnaud Montebourg a appuyé sur trois points qui me paraissent essentiels , que j'ai défendus, que j'ai écrit dans ma Lettre aux Français", a insisté la maire de Lille.

Martine Aubry aux 4V mardi 11 octobre 2011

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Alors que lundi soir sur France 2, le troisième homme de cette consultation (17% des voix) avait évoqué l'hypothèse de ne donner aucune consigne de vote pour le deuxième tour dimanche, il a lancé mardi sur Europe 1 : "Je prendrai mes responsabilités", "je suis un dirigeant politique, je suis capable de faire des choix et je ferai certainement un choix".

"Nous avons en face de nous deux candidats issus de la même tradition politique sociale-démocrate qui utilise les recette retardataires du passé par rapport à la situation extrêmement grave dans laquelle nous sommes", a estimé l'élu de Saône-et-Loire.

Arnaud Montebourg sur Europe 1, mardi 11octobre 2011