Armée : des officiers en colère dénoncent le trop-plein de généraux

Sous le couvert de l'anonymat, des lieutenants et des capitaines "issus de différents recrutements et appartenant à différents corps" affirment que "l'armée française est menacée de déclin". Ils parlent de gabegie dans sa gestion. Et critiquent notamment le maintien artificiel en activité de milliers de généraux qui devraient être à la retraite. Ils s'expriment dans une tribune publiée par francetvinfo.fr.

(Benoît Tessier Reuters)

D'après ces officiers qui se réclament de l'historien et résistant Marc
Bloch
, qui a notamment dénoncé les dysfonctionnements de l'armée
avant la Première Guerre mondiale, l'armée a besoin aujourd'hui "d'une
réforme juste, nécessaire, qui nuirait aux intérêts de généraux, de colonels et
d'énarques"
.

Car parmi leurs cibles privilégiées, il y a les très hauts gradés.
Dont ces "5.500 généraux qui devraient être à la retraite et sont
artificiellement maintenus en activité dans un statut appelé la "2e
section
". 

Plus largement, ces officiers, des lieutenants et des
capitaines, affirment que "trop d'officiers sont toujours recrutés, alors
que, déjà, des centaines de colonels n'ont pas de commandement
".  Ils sont donc "remisés à des postes
administratifs
" avant de partir "dans le secteur privé, après que leur
sera versée une juteuse prime de départ"
.

3.468 emplois pour 150 postes*


Ce nombre trop important d'officiers a également été critiqué par la Cour des comptes en juillet 2012 dans son examen à mi-parcours de la loi de programmation militaire : "Pour les grades de colonels, capitaine de vaisseau et
équivalents dans les services, il y a 3.468 emplois en 2011 pour
un nombre de commandements dans les forces limité à environ 150
postes".

Enfin ils estiment que l'armée a besoin "de transporteurs blindés, d'un deuxième voire d'un troisième porte-avions, d'hélicoptères et d'un deuxième groupe aéronaval".