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Après son limogeage, Batho jugée à la fois "courageuse" et "inefficace"

Des politiques de droite comme de gauche ont réagi au départ forcé de la ministre de l'Ecologie, qui avait critiqué le budget 2014.

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Delphine Batho quitte le ministère de l'Ecologie après la passation de pouvoirs avec son successeur, le 3 juillet 2013 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Elle dira "tout" sur les circonstances de son "limogeage". L'ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho, congédiée par François Hollande mardi 2 juillet, a annoncé le lendemain qu'elle donnerait une conférence de presse sur le sujet à 15 heures, jeudi. En attendant ses explications, des élus de tous bords réagissent à cette sanction.

Qui la défend ?

Le député de l'Essonne Malek Boutih est un des rares socialistes à "vivement" regretter la décision de François Hollande. "Je salue le courage de Delphine Batho qui sauve l'honneur de la gauche en refusant d'abandonner le combat pour la transformation de notre société", a-t-il écrit dans un communiqué, mardi soir. "Elle a voulu montrer qu'elle n'est pas qu'une blonde. En tout cas, maintenant, ça met au pied du mur les autres ministres", a-t-il ajouté, selon Le Parisien (article abonnés).

Sans surprise, Delphine Batho reçoit surtout le soutien de membres d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Le ministre délégué au Développement, Pascal Canfin, est le plus virulent. Invité de France Info mercredi, il a brandi la menace d'un départ des ministres Verts du gouvernement, si des "actes" n'étaient pas rapidement posés pour réaliser "la transition écologique". Un départ éventuel déjà évoqué par Jean-Vincent Placé, le président des sénateurs écologistes.

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Pascal Canfin a également défendu le bilan de Delphine Batho : "On ne peut pas dire que rien n'a été fait, l'arbitrage sur le gaz de schiste, par exemple, est un arbitrage très fort, la réforme du code minier…" "Elle paie très cher de s'être exprimée fortement alors qu'elle avait raison de le faire", estime de son côté François de Rugy, coprésident du groupe EELV à l'Assemblée, dans Le Parisien de mercredi. Le député de Loire-Atlantique se dit même surpris par "une force de langage à laquelle elle ne nous avait pas habitués". "Elle était plutôt trop discrète à notre goût", ajoute-t-il.

Le député européen EELV José Bové estime, dans une interview à Metronewsque l'éviction de Delphine Batho représente "un symbole dramatique". Comme Daniel Cohn-Bendit, autre eurodéputé écologiste, il y voit une réaction de "machos" de la part de l'exécutif, qui contraste avec son attitude vis-à-vis d'Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif coutumier des coups de gueule.

"Elle nous quitte au plus mauvais moment parce qu'il y a le débat sur la transition énergétique qu'elle devait arbitrer", a réagi pour sa part Nicolas Hulot sur RTL. L'ancien animateur d'"Ushuaïa" est aussi depuis décembre l'envoyé spécial de François Hollande pour la préservation de la planète. Delphine Batho "est quelqu'un qui a beaucoup beaucoup travaillé, beaucoup appris", a-t-il ajouté. Mais tous les écologistes ne sont pas solidaires.

Qui la critique ?

Ancienne ministre de l'Environnement, Dominique Voynet, aujourd'hui maire EELV de Montreuil (Seine-Saint-Denis), n'a pas hésité, mercredi matin sur France 2, à dénoncer un manque de combativité et d'efficacité de Delphine Batho. Elle "l'a ouvert bien tard. (…) C'est vrai qu'elle a été une bien bonne élève, a ironisé Dominique Voynet. Elle n'a rien dit sur Notre-Dame-des-Landes, elle n'a rien dit sur certains sujets extrêmement sensibles pour les écologistes."

FRANCE 2

Mardi soir sur France 3Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement, a estimé que Delphine Batho avait "enfreint une règle". "Les ministres doivent être solidaires et faire preuve de cohésion gouvernementale (...). Je crois que Delphine Batho le savait parfaitement", a-t-elle fait valoir. "Arnaud Montebourg, à ma connaissance, n'a jamais contesté publiquement un arbitrage d'ores et déjà rendu par le Premier ministre", a-t-elle ajouté, en s'adressant implicitement à ceux qui comparent le traitement réservé aux deux ministres.

Nathalie Kosciusko-Morizet s'est montrée un peu plus mesurée. Si la candidate UMP à la mairie de Paris a dénoncé "la manière" dont Delphine Batho a été limogée, elle a déploré, mercredi matin sur Europe 1, son bilan, "pas formidable", au ministère de l'Ecologie. "A vrai dire, j'ai trouvé qu'il ne se passait rien", a-t-elle asséné.

Europe 1

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