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Après le "coup de tonnerre" qui l'a frappé, le Parti socialiste sort peu à peu de sa torpeur et affirme maintenir le cap

Passé l'effet de sidération, les socialistes tentent de reprendre pied car à moins d'un an de l'échéance présidentielle, "l'affaire DSK" pourrait avoir des conséquences lourdes sur le PS et sur l'ensemble du paysage politique français.
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Martine Aubry arrive au siège du Parti socialiste, rue Solferino à Paris, le 17 mai 2011. (AFP - Joel Saget)

Passé l'effet de sidération, les socialistes tentent de reprendre pied car à moins d'un an de l'échéance présidentielle, "l'affaire DSK" pourrait avoir des conséquences lourdes sur le PS et sur l'ensemble du paysage politique français.

Selon le chercheur Gérard Grunberg, les dirigeants socialistes peuvent se féliciter d'avoir acté la primaire. Grâce à cette procédure, le parti qui dispose de plusieurs candidats va pouvoir "organiser de manière démocratique la concurrence interne" pour désigner son candidat", souligne le Directeur de recherche au CNRS sur le site Telos.

Mais outre le choix de son représentant, le parti devra gérer les conséquences de l'incarcération du Directeur général du FMI sur ses courants idéologiques.

Dominique Strauss-Kahn représentait la tendance réformatrice du PS. Alors qui, aujourd'hui, peut prendre sa succession ? Plus grave encore pour ses partisans, le courant social-démocrate peut-il survivre à la "désintégration politique" en plein vol de son champion ?

Jérôme Grondeux en doute. Dans le Figaro de mercredi, le Maître de conférences à Paris IV-Sorbonne souligne que les déboires judiciaires de l'ex-favori des sondages se transforment "en véritable gâchis d'hommes, de compétences et d'idées". La faute, selon le chercheur, aux dirigeants du PS qui n'ont pas su "au moment du départ de François Hollande du secrétariat national" relier "les compétitions pour le contrôle du Parti socialiste et pour la désignation du candidat à la présidentielle".

Vers une recomposition du champ politique

Si certains à droite voient l'élimination du favori des sondages à l'échéance 2012 comme une bonne nouvelle, d'autres craignent au contraire que le candidat socialiste finalement désigné à l'issue de la primaire soit un concurrent plus sérieux pour Nicolas Sarkozy.

Car François Hollande comme Martine Aubry - les deux meilleurs chances socialistes à ce jour -, incarnent une gauche de terrain, soucieuse des difficultés quotidiennes des Français et allient sérieux, pédagogie et équilibre, à la différence de Nicolas Sarkozy, dont l'image est toujours perçue par une partie des Français, comme celle d'un représentant de la droite "bling-bling".

Mais un autre danger guette l'UMP. Selon Gérard Grunberg, la disparition de DSK "dégage une partie de l"espace électoral pour le centre" et pourrait "du même coup encourager Jean-Louis Borloo à sauter le pas de la candidature, rendant alors incertaine la qualification du président sortant pour le second tour".

Les lignes pourraient enfin bouger à la droite et à la gauche des deux grands partis politiques français avec d'un côté, Jean-Luc Mélenchon qui pourrait perdre une partie de son électorat socialiste potentiel - les anti-DSK - et de l'autre, la présidente du front national Marine Le Pen, qui pourrait à l'inverse confirmer, voire accroître sa percée dans les sondages, son discours anti-élite pouvant s"alimenter de cette sordide affaire "DSK".

A moins d'un an de l'élection présidentielle, les scénarios envisagés jusque-là sont à rebâtir.

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