Vidéo "J'ai appris à mes dépens que Mimi Marchand est une femme à ne pas avoir à dos" : le récit d'Omar Harfouch, qui se dit victime d'un de ses "coups tordus"

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Complément d'enquête / France 2

C'est elle que l'on appelle pour étouffer un scandale. Journaliste et "reine des paparazzis", mais aussi attachée de presse et communicante de crise, "Mimi" Marchand saurait faire taire les voix qui dérangent ses protégés. La victime d'un de ses "coups tordus" raconte une campagne de presse qu'elle aurait organisée pour décrédibiliser sa parole. Les journalistes de "Complément d'enquête" ont rencontré Omar Harfouch dans son hôtel particulier.

En 2001, ses révélations faisaient rebondir le scandale qui touchait l'agence Elite : à l’époque, de très jeunes mannequins auraient été abusés par certains responsables. Omar Harfouch a dénoncé le directeur d'Elite France, visé depuis par une enquête pour viol. L'homme d'affaires libanais est bientôt convié à un "déjeuner coup de pression" avec le patron de l’agence et "une dame qui s'appelait Mimi Marchand", présentée comme son "attachée de presse et amie intime". Il en fait le récit à "Complément d'enquête".

"Elle est impressionnante, intimidante. J'ai eu peur. Elle me dit : 'Tu n'as plus le droit de parler à la presse. Tu ne peux parler avec personne à partir d'aujourd'hui. Tu ne passes que par moi.' Genre 'tu fermes ta gueule, et tu fais ce que je te demande de faire'."

Omar Harfouch, ancien dirigeant de l'agence Elite

à "Complément d'enquête"

Omar Harfouch refuse de céder et quitte le restaurant. Michèle Marchand aurait alors manœuvré pour le faire taire – ce qu'elle conteste fermement. 

Pour le discréditer, l’homme d’affaires la soupçonne d’avoir transmis à des journalistes une note d'Interpol... l’accusant de proxénétisme et de trafic de drogue. Mais le document est un faux grossier : le cabinet Intelynx, censé avoir envoyé le fax, n'a jamais employé personne du nom de son signataire. Mieux : Omar Harfouch est inconnu d'Interpol, affirment ses services.

Une "fake news" reprise sur des plateaux de télé quatre ans plus tard

Les fausses accusations arrivent à faire illusion, et sont reprises notamment dans un article de L'Express. Quelques années plus tard, Omar Harfouch est encore confronté à ces accusations sur le plateau d'une émission de M6 où il est invité. "A chaque fois que je veux avancer dans la vie, se plaint-il, on me ressort Marc-Olivier Fogiel en train de me dire 'Vous êtes recherché par Interpol', alors que c'est un faux.

Contacté par les journalistes de "Complément d’enquête", l'actuel patron de BFM TV affirme avoir simplement repris les informations disponibles dans la presse à l'époque. Omar Harfouch, lui, dit avoir "appris à [s]es dépens que Mimi Marchand est une femme à ne pas avoir à dos". Selon lui, cette femme qui "peut tuer n'importe qui médiatiquement" aurait "en partie réussi, pendant des années, à [l]e tuer". 

Extrait de "De 'Voici' à l’Elysée : Mimi Marchand, l’influente de la République", un portrait à voir dans "Complément d'enquête" le 13 janvier 2022.

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