VIDEO. Ecoutes de Sarkozy : "Aucune instruction donnée par l'exécutif", affirme Ayrault

Interrogé sur les accusations de l'opposition sur une éventuelle connaissance par le pouvoir des écoutes visant Nicolas Sarkozy, le Premier ministre a répondu que "les mœurs du passé, c'est fini".

FRANCE 2 / FRANCETVINFO

C'est par une sortie sèche que Jean-Marc Ayrault a répondu, mardi 11 mars, aux allégations venues de responsables de droite accusant le pouvoir actuel d'avoir eu connaissance des écoutes visant Nicolas Sarkozy. "Il faut que la droite française s'habitue à ce que la justice fonctionne en toute indépendance, les mœurs du passé, c'est fini, a affirmé le Premier ministre. Il n'y a aucune instruction donnée par l'exécutif, par la garde des Sceaux, aux magistrats lorsqu'ils enquêtent."

Jean-Marc Ayrault a évoqué ensuite un "deuxième principe" : "Personne n'est au-dessus des lois. Et donc si des personnes qui font l'objet d'enquêtes ne sont pas d'accord avec la manière dont les procédures sont engagées (...), elles peuvent les contester dans le cadre de la loi en déposant des recours à la chambre de l'instruction. (...) C'est comme ça qu'une démocratie, un Etat de droit fonctionne. Le reste c'est de la polémique, de l'instrumentalisation."

"Affirmer la différence avec nos prédécesseurs"

Lors de la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée, organisée pendant la pause des travaux parlementaires liée aux municipales, le Premier ministre a aussi fait état avec insistance d'un respect total de l'indépendance de la justice sous François Hollande et demandé aux députés de "bien affirmer la différence avec nos prédécesseurs" sur "les affaires politico-judiciaires", a rapporté un élu.

De leur côté, les députés UMP ont demandé dans la foulée à Jean-Marc Ayrault de réunir "en urgence" le Parlement pour s'expliquer sur les écoutes. Le président de l'UMP, Jean-François Copé, s'est publiquement interrogé pour savoir si François Hollande était "oui ou non au courant" de ces écoutes judiciaires, tandis que l'ancien Premier ministre François Fillon s'est dit favorable à une commission d'enquête parlementaire sur cette affaire.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le 10 mars 2014 à Paris.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le 10 mars 2014 à Paris. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)