Vidéo Condamnation de Nicolas Sarkozy : Bruno Retailleau veut interdire aux magistrats de se syndiquer

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L'ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, a été condamné lundi à trois ans d'emprisonnement, dont un ferme, pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire des "écoutes". Bruno Retailleau estime que la justice est "politisée".

"Je pense que la procédure" envers Nicolas Sarkozy "a été une procédure d'exception", a dénoncé jeudi 4 mars sur franceinfo Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat. L'ancien président de la République a été condamné lundi à trois ans de prison, dont un ferme, par le tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire des "écoutes". Il a fait appel de cette décision.

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Bruno Retailleau estime qu'il y a "une disproportion entre la gravité de la peine et la légèreté notamment des preuves : est-ce que aujourd'hui en France la seule intention suffit à prononcer une peine de prison ?", interroge-t-il.  Le sénateur LR souligne que "monsieur Dupond-Moretti qui est maintenant garde des Sceaux avait traité cette procédure de barbouze, un autre juriste avait déclaré qu'il s'agit d'un acte de piraterie judiciaire, les termes sont forts".

Je pense que les hommes publics, les élus ne sont pas au-dessus des lois. Ils ne sont pas non plus au-dessous des lois. On doit juger un homme politique, y compris un ancien président de la République, comme un simple citoyen ordinaire.

Bruno Retailleau

à franceinfo

Le sénateur LR met en doute l'impartialité du Parquet national financier (PNF) : "Je pense que le PNF, en concentrant des affaires entre quelques mains, ouvre la voie du soupçon. Je pense qu'il vaut beaucoup mieux que des affaires puissent être traitées de façon générale, de façon ordinaire, plutôt qu'extraordinaire". Bruno Retailleau estime que le PNF est "une machine de guerre qui a été construite, en réponse à l'affaire Cahuzac, par monsieur Hollande qui a veillé à des nominations de magistrats dont tous ne présentaient pas des garanties d'impartialité". Il tient à rappeler "les déclarations de madame Houlette qui a été la patronne du PNF devant une commission d'enquête de l'Assemblée nationale, elle a fait état de pressions récurrentes de sa hiérarchie". Cette dernière est ensuite revenue sur ses déclarations pour les nuancer.

"Je suis contre la syndicalisation dans la magistrature"

"Le problème c'est que moins d'un Français sur deux a confiance en la justice", poursuit Bruno Retailleau, tout en affirmant ne pas vouloir "jeter l'opprobre sur l'ensemble de notre institution judiciaire". Il formule plusieurs propositions à commencer par l'interdiction de la syndicalisation pour les magistrats. "Quand je dis qu'il y a des magistrats politisés, moi je suis contre la syndicalisation dans la magistrature, je pense qu'il y a l'obligation du droit de réserve, explique-t-il, rappelant l'épisode du "mur des cons".

On sait très bien qu'en France la tradition syndicale est une tradition très politisée, c'est notre histoire.

Bruno Retailleau

à franceinfo

Le sénateur insiste aussi sur l'importance de la "responsabilité des juges". "Comment expliquez-vous que depuis six ans il y a eu 1 700 plaintes auprès du Conseil supérieur de la magistrature, et il y a eu zéro sanction", interroge-t-il. L'élu cite également le manque de moyens de la justice, la France se situant en dessous de la moyenne européenne avec seulement 10 magistrats pour 100 000 habitants : "Pour reprendre les propos d'un ancien garde des Sceaux, il y a une forme de clochardisation de la justice."

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