Ecoutes de Sarkozy : "Libération" publie un rapport qui incrimine l'ancien chef d'Etat

Selon un rapport de synthèse de la police judiciaire, révélé lundi par le site du quotidien, Nicolas Sarkozy aurait commis des "faits constitutifs du trafic d'influence", en tentant de corrompre le haut magistrat Gilbert Azibert.

L\'ancien président de la République Nicolas Sarkozy assiste au match PSG-Lyon, le 21 septembre 2014, au Parc des princes, à Paris.
L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy assiste au match PSG-Lyon, le 21 septembre 2014, au Parc des princes, à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Nicolas Sarkozy a-t-il usé de son influence pour obtenir des renseignements sur une affaire judiciaire le concernant ? Selon un rapport de synthèse de la police judiciaire, révélé lundi 22 septembre par Libération, l'ancien président aurait commis des "faits constitutifs du trafic d'influence", en tentant de corrompre le haut magistrat de la Cour de cassation Gilbert Azibert.

Ce rapport s'appuie largement sur les écoutes judiciaires de l'ancien chef d'Etat, de son avocat Thierry Herzog et du haut magistrat Gilbert Azibert. Nicolas Sarkozy a été mis en examen dans cette affaire, dans la nuit du 1er au 2 juillet, pour "trafic d'influence, corruption active et violation du secret professionnel".

"Les conversations sont claires"

"Les conversations enregistrées entre Thierry Herzog, Nicolas Sarkozy et Gilbert Azibert sont claires sur leurs intentions, et leurs propos ne suscitent pas d'interrogation quant à leur volonté et leurs attentes, écrit Christine Dufau, chef de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, le 2 juillet. Gilbert Azibert est sollicité pour obtenir des informations et démarcher des conseillers à la Cour de cassation. En contrepartie, Nicolas Sarkozy accepte de l'aider à obtenir un poste à Monaco."

Selon Libération, "le rôle d'Azibert est d'autant plus suspect" que l'avocat de Nicolas Sarkozy aurait eu accès à un délibéré d'un rapporteur de la Cour de cassation. Ce document est "secret" et "ni le procureur général ni les avocats n'[en] ont connaissance", précise le quotidien, qui publie un verbatim des écoutes judiciaires.