Le sénateur Montesquiou soupçonné d'avoir sous-évalué son patrimoine de plusieurs millions d'euros

Selon la Haute Autorité de transparence de la vie publique, ce centriste élu du Gers aurait "omis"' de déclarer des œuvres d'art, des avoirs importants détenus à l'étranger, ainsi que sous-évalué son patrimoine immobilier.

Le sénateur d\'Aymeri de Montesquiou, à Téhéran (Iran), le 28 avril 2014.
Le sénateur d'Aymeri de Montesquiou, à Téhéran (Iran), le 28 avril 2014. (BEHROUZ MEHRI / AFP)

Des "oublis" de plusieurs millions d'euros. Le sénateur centriste (UDI) du Gers Aymeri de Montesquiou, dont l'immunité parlementaire a été récemment levée dans le cadre de l'affaire du "Kazakhgate", est soupçonné par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) d'avoir sous-évalué son patrimoine de plusieurs millions d'euros.

Des comptes à l'étranger ?

Compte tenu d'un "doute sérieux quant à l'exhaustivité, l'exactitude et la sincérité de ses déclarations, en raison notamment de l'omission d'œuvres d'art et d'avoirs importants détenus à l'étranger ainsi que de la sous-évaluation de son patrimoine immobilier", la Haute Autorité a transmis son dossier au parquet financier, a-t-elle indiqué.

Selon Libération, le sénateur UDI aurait omis de déclarer "deux comptes bancaires au Luxembourg et en Suisse, dotés chacun de plusieurs centaines de milliers d'euros". Il a également "sous-évalué de plus de 50% un appartement parisien, estimé à plusieurs millions d’euros. Enfin, l’élu a oublié de déclarer dans son patrimoine plusieurs œuvres d’art dont la valeur totale dépasse allégrement le million d’euros", toujours d'après le même journal.

Ancien représentant de Nicolas Sarkozy en Asie centrale

Le 18 mars, le bureau du Sénat avait levé l'immunité parlementaire de ce sénateur inquiété par l'enquête sur des soupçons de commissions perçues en marge de contrats conclus avec le Kazakhstan. 

Ce sénateur du Gers était auparavant le représentant de Nicolas Sarkozy en Asie centrale. Son bureau et son domicile avaient été perquisitionnés dans cette affaire liée à des contrats conclus sous la présidence de Nicolas Sarkozy pour un montant total de 2 milliards d'euros, notamment pour l'achat de 45 hélicoptères fabriqués par Eurocopter (devenu Airbus Helicopters) et 295 locomotives. Deux magistrats enquêtent depuis mars 2013 pour des faits présumés de "blanchiment en bande organisée", et de "corruption active d'agents publics étrangers".