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Affaire Karachi : la riposte de Ziad Takieddine, "l'ami encombrant"

Dans un livre à paraître jeudi, "L'Ami encombrant", l'homme d'affaires franco-libanais contre-attaque, refusant de devenir "le bouc émissaire" de l'affaire Karachi.

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France Télévisions
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L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine à Paris, le 14 septembre 2011. (THOMAS SAMSON / AFP)

Ziad Takieddine règle ses comptes. L'homme d'affaires franco-libanais, personnage central de l'affaire Karachi, clame son innocence dans L'Ami encombrant (Editions du Moment), un livre à paraître jeudi 8 mars. L’intermédiaire en contrats d’armement prévient : il refuse de devenir "le bouc émissaire" de cette "affaire d’Etat". Et il fait sien l’adage selon lequel l’attaque est toujours la meilleure défense.

• Le juge Renaud Van Ruymbeke

Ziad Takieddine tire à boulets rouges sur les magistrats, notamment Renaud Van Ruymbeke, qui selon lui voudrait sa "peau". "Bouc émissaire d'une tentative d'élimination politique, je réagis et je témoigne", écrit l'homme d'affaires, qui dénonce l'instrumentalisation contre Nicolas Sarkozy de l'affaire Karachi par les juges d'instruction qui l'ont mis en examen.

"Un certain Nicolas Sarkozy songe très fort à se faire réélire, un certain juge considère cette perspective comme une abomination. Il va donc, avec d'autres magistrats, essayer de prouver que Sarkozy, en raison de l'argent pakistanais tombé dans les poches des balladuriens, aurait contribué 'à l'insu de son plein gré' à l'attentat de 2002" à Karachi.

Ziad Takieddine réfute catégoriquement cette thèse du financement politique occulte. Il se défend à nouveau d'avoir joué un rôle dans le contrat d'armement Agosta, en 1994, entre la France et le Pakistan, sur lequel les juges enquêtent, soupçonnant qu'il a pu donner lieu à des rétrocommissions illégales pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur.

• Les réseaux chiraquiens

A en croire Ziad Takieddine, la véritable "affaire d'Etat" débuterait avec la victoire de Jacques Chirac à la présidentielle de 1995. L'homme d'affaires pointe du doigt les réseaux chiraquiens, responsables selon lui du "détournement illégal des commissions" versées légalement dans le cadre du contrat Sawari II avec l'Arabie saoudite, pour lequel il revendique son intervention. Plus de 1,5 milliard de francs auraient ainsi été redistribués à d'autres destinataires.

Les juges ont récemment obtenu d'étendre leur enquête à l'après-1995. "Voilà l'affaire d'Etat que tout le monde veut occulter", assène Ziad Takieddine. "Je n'ai pas touché un centime de la France, j'ai été rémunéré uniquement par l'Arabie saoudite", précise à ce propos l'intermédiaire en contrats d'armement.  

• Claude Guéant

"On monte des opérations passionnantes pendant des années pour s'ignorer superbement ensuite, à cause, soi-disant de la raison d'Etat (...), je ne m'y ferai pas", confie l'homme d'affaires dans son livre. Ziad Takieddine se sent aujourd'hui "blessé, totalement giflé" par les critiques et la distance affichées par le ministre de l'Intérieur. 

Sa rencontre avec Claude Guéant date selon lui de 2003. Ziad Takieddine indique avoir pris l'initiative de contacter le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy à l'Intérieur pour un projet de contrat (Miksa) avec l'Arabie saoudite, qui ne verra finalement pas le jour. "Je rencontre un personnage super sympathique, aimable, amical", écrit-il.

Les deux hommes se reverront souvent, soutient le Franco-Libanais : "De 2003 à 2010, nous ne nous sommes jamais perdus de vue, que ce soit pour le contrat Miksa, la prise de contact avec Kadhafi ou les grandes manœuvres en Syrie et au Liban." Il a même cette anecdote : Claude Guéant a repassé, dans les toilettes d'un hôtel saoudien, le pantalon froissé de Ziad Takieddine parce que ce dernier "n'a jamais utilisé cet ustensile de sa vie".

• Brice Hortefeux et Jean-François Copé

Ziad Takieddine raconte aussi ses rencontres avec Brice Hortefeux et Jean-François Copé, qui datent de 2002. Mais "je n'ai jamais reconnu quiconque comme ami. Ce sont des accointances intéressées", lâche-t-il. Mais s'il concède avoir été généreux, il n'a "rien demandé en échange".

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