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Affaire Karachi : les juges rejettent la piste des fonds secrets de Matignon

Cet argument est invoqué par les avocats de Ziad Takieddine pour disculper leur client.

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France Télévisions
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Edouard Balladur, alors Premier ministre, et son directeur de campagne de l'époque, Nicolas Bazire, le 20 juillet 1994 à Paris. (GERARD FOUET / AFP)

KARACHI – Les juges chargés du volet financier de l'enquête Karachi ont rejeté la piste des fonds secrets de Matignon, avancée par les avocats de Ziad Takieddine, pour expliquer le versement de 20 millions de francs en espèce sur le compte de campagne d'Edouard Balladur en 1995, indique l'AFP vendredi 14 décembre. Les juges s'interrogent sur l'origine des 20 millions de francs versés en espèces sur le compte, notamment 10,2 millions en une seule fois, trois jours après le premier tour de l'élection présidentielle. Pour les avocats de Takieddine, cette somme provient de la Banque de France, qui gérait les fonds secrets.

"Il est établi que cette campagne a été financée au moyen des fonds secrets dont disposait alors l'état-major balladurien", ont écrit aux juges ces avocats pour demander la levée de son contrôle judiciaire. Selon eux, l'hypothèse de travail de Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire est "erronée" : les juges se demandent dans cette affaire si les commissions versées dans le cadre de contrats d'armement ont alimenté, via des rétrocommissions, la campagne présidentielle du Premier ministre d'alors.

"Se prévaloir du secret défense"

A l'appui de leur démonstration, les avocats de Takieddine citent le témoignage du directeur de l'agence du Crédit du Nord, qui gérait le compte de campagne de Balladur. Ce dernier décrit des billets livrés "enliassés dans des conditions que seule la Banque de France pratique", selon le PV d'audition consulté par l'AFP. Mais dans une ordonnance du 11 décembre, les juges estiment que "les allégations des conseils de M. Takieddine se heurtent aux dénégations de MM. Mongin [ex-chef de cabinet d'Edouard Balladur à Matignon] et Balladur".

Les juges rejettent catégoriquement cette thèse "qui a longtemps permis à ceux qui l'invoquaient de se prévaloir du secret défense pour éviter de répondre à toute question". Ils maintiennent en revanche la thèse de rétrocommissions démontrée par l'enquête, qui "a révélé qu'à la même époque, des retraits importants étaient effectués à Genève pour le compte de M. Takieddine". D'après l'enquête, 70 millions de francs ont été retirés de Suisse par l'homme d'affaire franco-libanais. Et selon les juges, il n'a jamais fourni "la moindre explication sur leur destination".

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